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 As long as my dreams alive [R.]

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MessageSujet: As long as my dreams alive [R.]   Ven 2 Mai - 19:42

Quelques fois, l’adage énonçant qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné prenait tout son sens. C’était le cas ce soir-là pour Maddison qui en avait plus que marre de tous ses proches. Un jour sans comme appelait ça les psychologues de magazines féminins. Pour sa part, elle aurait plutôt nommé cela une « journée de merde », ce qui revenait au même, le vocabulaire familier en plus. Elle avait eu beau s’enfermer dans sa chambre tout l’après-midi pour ruminer ses pensées afin de mieux les évacuer par la suite, elles étaient encore toutes bel et bien là, présentes dans son esprit, lui offrant un mal de tête terrible. Elle réfléchissait trop, voilà où se trouvait son problème. Ajouter à cela des proches qui lui donnaient des conseils plus ou moins bien sentis à longueur de journée, le résultat ne pouvait être que négatif. « Maddison, tu ne devrais pas fréquenter ce garçon, il a l’air complètement stupide et négligé. » « Maddison, arrête de traîner avec ton ex comme si c’était ton meilleur pote, ça n’est pas sain. » « Maddison, quitte ce ranch crasseux et reviens en centre-ville, tu y seras plus épanouie. » Maddison ceci, Maddison cela. Maddison, c’était elle. Alors pourquoi ne pas la laisser être elle-même ?

Day by day, moment by moment,
Takin my chances, trustin my heart,
Wasn't to smart.


Lasse de rester allongée, enfermée entre ses mêmes quatre murs qu’elle connaissait tant, elle décida qu’il était temps pour elle de prendre l’air. L’air pur, le bon air qui la faisait revivre à chaque inspiration. L’air qu’elle respirait lorsqu’elle était à cheval. Se tirant du lit avec une fatigue généralisée, elle se changea au profit d’un jean confortable assorti d’une chemise à carreaux typiquement texane – bien mieux qu’un short et un top sans bretelle pour monter. Elle se rendit jusqu’aux écuries avec une discrétion extrême, elle ne souhaitait pour rien au monde croiser quelqu’un susceptible de lui tenir la crampe suffisamment longtemps pour faire une gaffe, une réflexion mal placée qui ne contribuerait qu’à la faire se refermer davantage. Elle avait envie d’être seule, ou presque.

Un sourire timide éclaira son visage lorsqu’elle fut accueillie par le hennissement chaleureux de Mojo. Le quarter horse secoua la tête et tapa du pied comme pour lui demander d’aller plus vite à sa rencontre.
« Alors mon beau, on est en manque de caresses ? » Elle sourit davantage tout en lui gratouillant le chanfrein juste au-dessus de ses naseaux – son petit point faible. « Tu vas être encore plus heureux de savoir qu’aujourd’hui, on part en balade. » Comme s’il avait saisi le sens de sa phrase, l’hongre renâcla et fit un tour dans son box, les oreilles en avant et la queue en panache. Maddie ne put réprimer un rire – bénéfique –, le caressa longuement encore une minute puis alla chercher tout son équipement pour l’harnacher rapidement. Elle avait tout aussi hâte que sa monture de s’ouvrir le monde entier pour une balade dans les montagnes voisines au ranch. Elle était beaucoup trop précautionneuse pour oser aller au-delà sans avoir prévenu de son départ. Qui pouvait prédire qu’il ne lui arriverait rien en cours de route ? Au moins, en ne s’éloignant que peu, elle était certaine qu’elle ou Mojo serait capable de retourner au ranch pour avertir du danger. Car non, elle ne doutait pas du potentiel de prévention de son cheval, elle était certaine qu’il était capable de sonner l’alarme d’un hennissement puissant ou d’un coup bien placé dans le bois des murs. Elle espérait toutefois qu’il n’ait pas à agir de la sorte, préférant que tout se déroule pour le mieux.

Lettin go of my bad habbits,
Hangin on the hold for better times.
I'll be fine.


Ses cheveux courant librement sur ses épaules, Maddison inspirait chaque bouffée qui s’offrait à elle avec un regain d’énergie. Les pas de Mojo s’accéléraient, rapprochant l’horizon et éloignant le Red Horse Ranch. Lorsque le sol se fit plus rude et plus caillouteux, la jeune femme fit ralentir son cheval jusqu’au pas. Elle lui rendit les rênes pour qu’il puisse bouger sa tête à sa guise, l’animal semblait également revivre. Cela faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas offerts une telle promenade, et cela leur faisait un bien fou à tous deux. Et n’était-ce pas là le principal ? Ses mauvaises pensées s’étaient dissipées au profit d’un vide bienfaisant dans son esprit. Elle ne pensait qu’à avancer, encore et encore, pour s’éloigner des murmures étouffant de la vie civilisée. Même si elle adorait vraiment être au contact des autres, qu’elle recherchait souvent la compagnie de ses amis, quelques fois revenir aux sources avaient du bon.

Laying the blanket where it belongs,
I've gotta be strong.
Tear drops no one sees but me.
I won't stop, I'll always believe.
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MessageSujet: Re: As long as my dreams alive [R.]   Ven 2 Mai - 21:10

Les années passent, mais les souvenirs restent. On peut partir, tenter d’oublier, de se construire une nouvelle vie, mais au fond de nous les souvenirs de l’endroit d’où nous venons ne s’estompent pas. Ils restent simplement enfouis quelques part dans un coin de notre esprit, pour ne revenir que lorsque quelque chose les déclenche. Il suffisait d’un son, d’une vision ou d’une odeur pour que le passé resurgisse comme si les années écoulées n’avaient pas compté. N’était qu’un fragment de l’imagination destiné à tromper la réalité. Ce constat, Clayton se le faisait tandis que la journée de travail au ranch touchait à sa fin. Cela faisait plusieurs heures qu’il s’activait sans le moindre moment de répit, allant et venant d’un bout à l’autre du domaine sans compter ni les heures, ni les kilomètres parcourus. Au contraire, il ne chômait, parce que son travail était, il faut l’avouer précaire. N’importe qui d’autre pourrait réaliser ces tâches à sa place, et c’était son efficacité lui permettait de conserver la place qu’il occupait depuis peu de temps. Autant ne pas jouer avec le feu, et tenter tant bien que mal de se faire de nouveau à la vie de Mt. Pleasant. La vie simple et tranquille qu’il aurait du mener depuis plus de 10 ans, mais qui était pourtant nouvelle pour lui. Se lever, travailler et renter chez lui le soir, avoir un foyer. Tout ce qui était acquis à bien des cowboys ne l’était pas pour lui, et ne le serait sans doute jamais. Autant se faire un raison, et accepter son sort tant que c’était encore possible. Reprendre de zéro en tentant d’oublier les raisons de son départ, celle qui l’ont poussé à revenir. Tout oublier, sans exceptions. Actes, paroles, personnes, tout. Revenir dans sa ville natale n’était peut être pas la meilleure solution pour cela, mais un instinct les avaient poussés à de nouveau passer les portes de la ville, lui et Declan. Retrouver des lieux connus, peut être même des personnes dont-ils auraient pu êtres proches il y a longtemps. Bien que cela ne soit pas encore arrivé, ce dont il se réjouissait: il n’avait pas envie que les méandres de son passé resurgissent maintenant, et l’obligent à quitter la ville une nouvelle fois. Se faire discret était sans doute la meilleures attitude à adopter, rester seul ou au ranch et ne pas tenter de se mélanger aux habitants. Ne pas leur donner une raison de parler sur son dos.

Ces sombres pensées, Clayton les ressassait encore et encore, immobile dans le box de son cheval fétiche. Il ne le connaissait que depuis quelques jours, peut être quelques semaines, mais s’y était déjà attaché, et tout le ranch savait que maintenant, il était le seul à le monter. Le seul capable de rester plus de trois minutes en selle sans voltiger et atterrir le nez dans la poussière. Ce tact qu’il avait toujours eu refaisait surface, et il était cette fois entré en action avec Shallow. Le plus bel étalon de l’écurie,. Bai, le poil luisant avec 3 balzanes et une étoile parfaitement dessinée entre les yeux. Un animal magnifique, mais ce n’était pas pour cela qu’il l’appréciait. C’était au contraire le caractère sauvage et imprévisible de l’étalon qui le rendait unique, les courses folles qu’il réalisait lorsqu’il était en liberté, l’éclat d’intelligence de ses yeux. Tout en Shallow montrait sa valeur et le tempérament de celui-ci.

Ne l’ayant pas monté ce jour là, le jeune homme décida de s’offrir une promenade pour admirer le coucher de soleil près des collines. Pour se retrouver seul aussi, et se ressourcer dans les paysages grandioses et déserts de la plaine. Il vérifia que tout allait bien, puis l’harnacha rapidement et sortit du ranch en prévenant un des palefrenier de son départ: sait on jamais. En quelques minutes, il avait parcouru la distance le séparant de l’entrée principale, et lança sa monture au galop en direction des Blue Mountains. Avant, c’était l’endroit où il se baladait toujours lorsqu’il montait à cheval, et il ne s’y était pas encore rendu. Autant profiter de cette journée pour renouer avec un de ses meilleurs souvenirs de la vie qu’il avait mené ici, et il effleura les flancs de Shallow du bout du talon. La réaction de l’animal ne se fit pas attendre, et ce fut à un rythme endiablé qu’ils démarrèrent, le vent claquant sur le visage de Clay’ tandis que la vitesse de sa monture atteignait des limites que personne n’aurait cru possible. La moindre chute leur serait fatale, mais il ne s’en rendait pas vraiment compte, grisé par la vitesse et guidant le cheval de façon à éviter les passages dangereux. A ce moment précis, il n’y avait rien d’autre que lui et son cheval. Et l’immensité de la plaine, une fois que les dernières images de la ville et du ranch se furent évanouies dans l’horizon: il aurait pu se trouver à des kilomètres qu’il n’y aurait pas eu beaucoup de différence.

De longs moment après, la notion du temps s’étant quelques peu brouillée dans son esprit, Clayton ralentit légèrement l’allure: l’encolure de Shallow commençait à se couvrir d’écume blanche, et il haletait. Progressivement, il se remit au trop, puis au pas, et profita de ce moment de répit pour regarder autour de lui: sans s’en rendre compte, il s’était éloigné du ranch, beaucoup éloigné, mais la nuit n’était pas encore tombée, loin de là. La descente du soleil commençait juste à s’amorcer, tandis qu’il si dirigeait droit devant, un sourire inexplicable au lèvres. Difficile à croire, mais il se sentait bien. Mieux qu’il ne l’avait été depuis longtemps.

Le silence fut alors rompu par un bruit, et il tourna légèrement la tête sur le côté pour en trouver la source: surement un animal égaré, rien de grave. Avec un froncement de sourcils, il plissa les yeux, et eu la surprise de voir un cavalier qui avançait dans sa direction. La surprise, car c’était un endroit que bien peu de gens connaissaient, et encore mois s’y rendait, les balades à cheval s’étant démodées avec le temps. Serrant doucement les doigts et décalant sa main vers la gauche, il fit volte face et avança à la rencontre de l’inconnu: il préférait peut être la solitude, mais c’était la moindre des choses de saluer un autre cavalier, tous savaient cela. Il se rendit alors compte, au fur et à mesure que la distance qui les séparaient s’amenuisait, que ce n’était pas un cavalier, mais une cavalière. Habillée en homme certes, mais ses cheveux et son visages ne laissaient pas le moindre doute à ce sujet. Pas le moindre, assurément. Le sourire qu’il avait s’accentua légèrement, et lorsqu’il fut à quelques mètres de la demoiselle, et s’arrête et lança d’une voix qui, comme toujours, mêlait amusement et ironie.


" Bonjour! " Très original comme entrée en la matière, on a tout de même vu mieux! " Vous aussi vous aimez les couchers de soleil vus des collines ? " D’accord, il y allait peut être un peu fort dès le début, mais c’était toutefois étonnant de rencontrer quelqu’un ici, et il n’était pas le genre à s’encombrer de paroles inutiles. Il allait droit au but, même s’il devait pour cela s’attirer une remarque de la jolie jeune femme qui lui faisait face. Ce n’était pas de sa faute, il était incapable de se taire lorsqu’il avait quelque chose à dire, et incapable d’attendre quand il était décidé à le dire. Un trait de caractère qui lui était propre, en somme …

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MessageSujet: Re: As long as my dreams alive [R.]   Sam 3 Mai - 21:31

Il avait fallu quelques minutes de course folle pour faire taire la tempête émotionnelle qui étreignait la tête de Maddison. Un laps de temps infime en comparaison d’une vie qui parvenait malgré tout à lui rendre le sourire et à lui regonfler le moral. Alors qu’une heure plus tôt, elle se trouvait encore au bord de la dépression, elle se voyait désormais souriante et inspirant chaque bouffée d’air pur comme si c’était sa première fois. Elle se sentait bien, la compagnie de Mosquito Magenta était d’autant plus agréable que cela faisait longtemps qu’il n’avait pas partagé un tel moment à deux. Elle se demandait d’ailleurs pourquoi. Trop préoccupée par son gouffre de vie sentimentale, sans doute. Elle avait trop tendance à réagir en « fille de ville », préférant les sorties entre amis – qui n’étaient bien souvent que de simples connaissances – aux virées équestres le long des canyons et à travers les prairies verdoyantes. Cette constatation la désolait, d’autant plus qu’elle n’avait pas toujours été comme ça. Plus jeune, en effet, sa seule préoccupation avait été de monter chaque jour pour améliorer son assiette, la position de ses mains, tout simplement parce qu’elle aimait le contact des chevaux. Elle se souvenait penser alors que les animaux étaient les meilleures créatures mises sur Terre par Dieu, qu’ils savaient mieux écouter que les êtres humains – en même temps, ses parents n’avaient jamais été présents pour lui démontrer le contraire. Puis elle avait grandi, l’adolescence lui avait forgé un caractère plus grégaire qui la rapprochait indéniablement des gens de sa condition. Si elle avait imaginé ce qui l’attendait par la suite, toutes les désillusions aussi bien amoureuses qu’amicales, elle aurait fait marche arrière pour redevenir une petite fille naïve et insouciante. En attendant, elle devait se contenter d’être celle qu’elle était, bien qu’elle sût qu’il ne tenait qu’à elle de modifier sa façon de voir les choses, et donc sa façon de vivre.

Maddison inspira une nouvelle longue fois, puis elle lâcha complètement les rênes pour profiter du soleil couchant. Elle remonta les manches de sa chemise, remit en place ses cheveux décoiffés par la course folle avant de lâcher un petit rire de contentement. Quiconque l’aurait surprise, l’aurait prise pour folle. Elle s’en fichait pas mal. Elle avait retrouvé sa passion pour monter à cheval, celle qui lui avait été inculquée des années plus tôt par divers cavaliers émérites qui avaient bien voulu la prendre sous son aile. Ils avaient été nombreux, chacun marquant ses souvenirs à sa manière. Ne résultait de ses expériences que du positif, elle avait apprécié chaque professeur qu’elle avait eu comme un père de substitution. Deux avaient su la toucher au plus profond d’elle, devenant des amis chers à ses yeux. Hélas le sort avait décidé de les séparer : le premier décéda d’un arrêt cardiaque, le second prit la poudre d’escampette pour elle-ne-sut-jamais-où. En y repensant, ces deux séparations forcées avaient sûrement influencé la suite des événements ; si elle était restée au contact de personnes tant amoureuses de la nature, des chevaux et des longues balades, peut-être qu’elle aussi aurait gardé cet amour et ne serait pas tombée dans les méandres de la vie en société. Avec des si, l’on mettrait Paris en bouteille…

Les pas de Mojo sur le sol tendre était comme une douce symphonie aux oreilles de Maddie à laquelle se mêlaient les chants joyeux des oiseaux et le vent qui s’insinuait entre les herbes folles. Ce qu’elle pouvait s’en vouloir d’avoir été si peu réceptive à ces petites merveilles de la nature, tout était si beau, si relaxant. Voilà ce à quoi devait se résumer la vie : des plaisirs simples offerts par Mère Nature en personne. Durant un instant, elle se fit la promesse qu’une fois de retour au ranch, elle se débarrasserait de son ordinateur portable, son téléphone et tout ce qui l’empêchait de vivre pleinement ; elle allait revenir aux valeurs simples de la vie, sans chichis. Bien entendu, elle n’était pas dupe une seule seconde et savait qu’elle ne pourrait se résoudre à mettre un terme à sa vie de citadine ancrée dans le monde sensationnel des nouvelles technologies. Elle était néanmoins fière d’avoir de telles pensées positives. C’était là un grand pas en avant.

Absorbée par son « renouveau » aussi bien physique qu’intellectuel, Ouimet n’avait pas entendu les bruits de sabots qui s’étaient rapprochés. Ce fut Mojo qui l’avertit par un vrombissement de naseaux curieux. La jeune femme releva la tête pour discerner la silhouette reconnaissable d’un cavalier et sa monture. Elle attendit que ce dernier s’avançât en reprenant lentement les rênes de son cheval sans pour autant le faire ralentir ou changer de direction. Le soleil derrière l’homme empêchait la blondinette de distinguer les traits de son visage, elle nota cependant une position parfaite qui laissait présager qu’il s’agissait d’un cow-boy. Qui d’autre aurait pu se trouver en plein milieu des montagnes à cette heure de la soirée ? Elle esquissa un sourire engageant et fit légèrement tourner Mojo pour que celui-ci se positionnât juste à côté de l’étalon bai qu’elle n’avait jamais vu – sûrement un nouveau venu d’une autre écurie.


« Bonsoir, » répondit-elle avec un appuyé de tête. Elle eut un moment d’hésitation lorsque le jeune homme – car désormais, elle était assurée qu’il ne devait pas avoir plus de la trentaine – parla sur un ton qui lui était familier, comme issu d’un lointain souvenir. Elle fronça les sourcils, perplexe, puis tourna la tête vers son nouveau compagnon de route, sans pour autant oser le regarder trop fixement. Elle connaissait ce ton à la fois amusé et moqueur. Plus encore, ce timbre de voix lui rappelait une foule de souvenirs qu’elle pensait enfouis, jamais elle n’aurait osé imaginer qu’ils referaient surface un jour. Son sourire s’étira, illuminant son visage, mais elle tenta de le dissimuler, n’étant pas encore tout à fait certaine d’elle. « Un vieil ami m’a appris à les aimer, oui. »

D’un coup de talon aussi discret qu’inoffensif, elle fit trottiner Mojo de deux foulées suffisantes pour dévoiler au grand jour le visage du nouveau venu. Ca n’était pas possible. Pas après tout ce temps sans nouvelles de sa part. Elle l’avait cru mort ou exilé en Europe. Jamais elle n’aurait cru le revoir. Et pourtant, il était là, devant elle, encore plus séduisant que dans sa mémoire. Clayton Harper.

« Clayton Harper…, » se répéta-t-elle à mi-voix, sous le choc.
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MessageSujet: Re: As long as my dreams alive [R.]   Dim 4 Mai - 18:29

Malgré tout ce qui avait pu lui arriver depuis qu’il avait quitté précipitamment la ville, et même avant d’ailleurs, Clayton n’avait pas vraiment changé. Les épreuves qu’il avait traversé n’avaient permis que de la libérer des dernières attaches qui pesaient encore sur ses épaules, même s’il avait du parfois en payer le prix fort. Maintenant qu’il avait tout perdu, tout laissé derrière lui, il jouissait maintenant d’une liberté durement acquise, mais que peu pouvaient se vanter de posséder: il pouvait partir le lendemain si l’envie lui prenait, rien ni personne ne le retenait dans quelques endroits que ce soit, même la situation tendait à évoluer. Pourtant, son caractère et ses envies étaient restés les mêmes, comme si le temps c’était arrêté le jour où il avait fuit Mt. Pleasant à propos de sa façon de penser, et de vivre. Il aimait toujours autant les longues chevauchées en solitaires, où il était comme seul au monde, libéré de toute entraves crée par le mode de vie, ou la société. Pas de comptes à rendre à qui que ce soit d’autre que sa conscience, il ne dépendait de personne et personne ne dépendait de lui. Il pouvait décider de partir à cheval alors que le soleil se couchait sans même y réfléchir, et c’était précisément ce qu’il appréciait dans ce mode de vie. Pouvoir décider de faire ce qu’il voulait, au moment où il l’avait décidé. Mais s’il n’avait pas changé, c’était avant tout au niveau du caractère: s’il ne se livrait jamais, il restait toujours le même comme le prouvait le ton légèrement ironique qu’il avait choisit d’adopter. Le sérieux était loin d’être un trait caractéristique définissant sa personnalité, et lui demander de s’exprimer sans la moindre trace d’amusement revenait à demander à Han Solo de confier sa vie à autre chose que son pistolet. En somme, plus qu’improbable.

Son étalon commençait à manifester quelques signes d’impatience alors qu’il était encore immobile, au beau milieu de nulle part: c’était précisément le type de monture qui ne supportait pas de s’arrêter plus de quatre secondes alors qu’il n’y avait pas d’obstacles à l’horizon, et le jeune cow boy du raffermir sa prise sur les rênes pour éviter un départ en trombe de son cheval. Ce qu’il préférait éviter. Il salua la jeune femme à son tour en effleurant le bout de son chapeau de la main, puis esquissa un nouveau sourire: au moins ne s’était t-il pas fait rembarrer d’une réplique cinglante de la jeune femme montée et il devait avouer que ce n’était pas désagréable. Disons qu’engager une conversation ici avait plus de chance d’aboutir que s’il avait fait la même chose dans un saloon, parce que, justement, on pouvait rencontrer n’importe qui dans un saloon. Pas dans les montagnes, c’était le contraire: seuls ceux qui connaissent l’endroit et appréciaient les longues balades s’y rendaient. C’était un fait.


« Vraiment ? » Voir la jeune femme sourire largement l’étonna, malgré le fait qu’elle ai tenté de le dissimuler: après tout, leurs chevaux étaient maintenant presque côte à côte, et Shallow était légèrement plus grand que son quater horse: il n’avait qu’à baisser les yeux pour apercevoir son visage. Illuminé par un large sourire, dont il n’arrivait pas encore à saisir la raison: avait t-il dit quelque chose de comique sans s’en rendre compte ? Son visage était t-il orner d’une marque de poussière disgracieuse ? Il n’en savait rien, mais préférait cependant la compagnie d’une personne souriante à celle de ceux, beaucoup plus nombreux, qui semblait en vouloir au monde à chaque instant de la journée.

Son temps de réaction étant plutôt inférieur à la moyenne, il eut le temps de maitriser son cheval lorsque celui de la jeune blondinette s’éloigna de quelques foulées en avant: un peu plus, une seconde de plus et il serait partit pour un sprint à travers la plaine. Un cavalier moins expérimenté que lui n’aurait pas même eu le temps de comprendre ce qui se passait, mais lui si. Ses doigts étaient verrouillés sur les rênes pour maintenir son allure, mais c’était plus un mécanisme automatique qu’autre chose, son attention étant accaparée par autre chose: le regard stupéfait qu’elle lui lançait, alors qu’il n’avait pas bougé, pas fait un geste. Rien. Aucune parole pouvant être mal interprétée, pour une fois il est vrai. Au contraire, son attitude n’avait pas bougé, mais on aurait dit qu’elle venait de voir un fantôme -façon de parler, le vieux McCaine ne s’était quand même pas manifester, et il pouvait encore se vanter de ne pas ressembler à un vieux chercher d’or légendaire-.


Il haussa alors un sourcil, manquant d’ouvrir la bouche de stupeur quand il l’entendit prononcer son nom. Pour l’anonymat, c’était raté, elle le connaissait, mais ce n’était pas vraiment le souci de la discrétion qui le stupéfiait à ce point. C’était justement le fait que son nom, et donc lui-même, n’ai pas été oublié avec son départ. Car elle l’avait reconnu, c’était certain puisqu’elle semblait ne pas croire que c’était effectivement lui, mais il n’y avait qu’un seul fils Harper, et c’était lui. Donc, c’était qu’elle l’avait connu lorsqu’il vivait ici, ce qui paraissait inconcevable. Il resta silencieux un instant, plongé dans son raisonnement dont il était à deux doigts de perdre le fil, les yeux dans le vague. S’il était partit il y a si longtemps, c’était pour qu’on l’oublie, et pour pouvoir redémarrer une nouvelle vie. Or, dix ans était une si longue durée que, lorsque qu’avec Declan ils avaient décidé de renter, il était convaincu que personne ne l’aurait reconnu, et qu’il aurait été oublié comme tous ceux qui s’étaient un jour arrêter dans le coin, avaient fait leur petit bout de chemin puis étaient repartis. Entendre prononcer son nom maintenant, par une jeune fille qu’il ne connaissait pas bouleversait au plus haut point toutes ces certitudes.


« Je … Vous connaissez mon nom ? » Il n’en revenait pas, et s’il y avait bien une chose à laquelle il ne s’était pas attendu lorsqu’il avait décidé de partir en balade une heure plus tôt, c’était bien de croiser quelqu’un. Qui plus est quelqu’un qui allait le reconnaitre. Pourtant, malgré les apparences, il avait la vague impression d’avoir déjà vu cette jeune femme. Ce qui était plutôt évident puisqu’elle avait réussit à mettre un nom sur son visage à l’instant où elle l’avait vu en pleine lumière, mais il n’arrivait pas à savoir où. D’autant qu’elle paraissait assez jeune, la vingtaine environ, et il était sûr que ce n’était pas dans un des ranchs où il avait travaillé qu’il l’avait rencontré. Une mimique pensive sur le visage, il continua sa réflexion, mais cela ne collait pas: elle semblait trop jeune pour l’avoir connu avant qu’il ne quitte la ville, mais pourtant il ne se souvenait pas l’avoir vue ailleurs. Etrange. « Je veux dire, comment cela se fait-il que vous me connaissiez ? » Très délicat, encore une fois. Mais la délicatesse n’était pas son fort, et encore moins lorsqu’il était troublé comme il l’était maintenant. « Je ne veux pas paraître impoli, c’est juste que … En fait, je n’arrive pas à me souvenir où je vous ai vu, mais je sais que je vous ai déjà vu!

Ce n’était pas fameux, mais c’était le mieux qu’il pouvait tout en continuant de réfléchir à toute vitesse, mais ses questions restaient sans réponse, et seul le piaffé soudain de Shallow lui permit de reprendre ses esprits. Décidément, revenir en ville lui réservait d’étranges surprises …

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MessageSujet: Re: As long as my dreams alive [R.]   Ven 9 Mai - 18:50

Plus elle y pensait, moins elle trouvait que Mt.Pleasant était une ville qui lui avait. Il y régnait un mode de vie qui ne correspondait pas à sa vision du monde. Ce dont tout le monde rêvait, les promesses de grands espaces, de mœurs entre le contemporain et le vieillot, n’était pour elle qu’une habitude de laquelle avait découlé un torrent d’ennui. Rien ne disposait les jeunes gens à s’épanouir comme leurs collègues urbains. Maddison avait fait des études qui ne lui serviraient à rien tant qu’elle demeurerait dans ce même endroit. L’anthropologie n’offrait pas grand-chose aux chevaux et aux cowboys vaniteux. A quoi bon avoir l’océan pour soi lorsqu’il n’y a aucune possibilité de plonger ? Oui, plus elle y songeait, plus partir de cet endroit semblait être la meilleure solution. Comme une réponse à l’ensemble de ses problèmes. Toutefois il n’était pas chose aisée de dire adieux à famille, amis, chevaux – bien que la première proposition aurait paru très simple – et de tourner le dos à ce qui avait été toute votre existence. Pourtant la tentation de la ville était grande. Là-bas un avenir lui était destiné, elle le savait. Et les bons souvenirs n’étaient pas si nombreux, lorsqu’elle réfléchissait bien. Pour que sa vie à Mt.Pleasant soit agréable à ses yeux, il fallait qu’elle la quitte. Rien n’était réel avant d’être perdu, elle devait s’en rendre compte.

Se retrouver face à Clayton Harper remettait tout à coup en questions ce dont elle cherchait à se persuader jusqu’alors. Elle n’avait pas toujours été aussi nostalgique et déprimante, au contraire, elle se souvenait d’une époque où se lever chaque matin était aussi délicieux que les pancakes dégoulinant de sirop d’érable que sa grand-mère lui préparait les dimanches. Elle était jeune, encore qu’une enfant, mais l’irresponsabilité avait quelque chose de bon, de rassurant. Il lui suffisait de sourire pour que tous ses soucis disparaissent, il ne fallait qu’un bon éclat de rire pour illuminer toute une journée. L’optimisme n’était alors pas une utopie, plutôt un état d’esprit. Que s’était-il donc passé entre temps pour que son esprit vif et libre passe de l’envie perpétuelle d’être dehors, de passer des heures à panser un cheval pour que sa robe se mette à briller de telle sorte qu’elle aurait pu concurrencer le soleil lui-même, d’aimer les promenades sous le soleil autant que la présence de ses amis, au désir de partir, de fuir cette oppressante sensation de n’être capable de rien de bon dans la vie. L’argent ne faisait pas tout, il contribuait à rendre le bonheur semblable au malheur. Et les longues étendues verdoyantes n’étaient plus aussi attrayantes qu’autrefois. Aujourd’hui, Maddison se sentait comme prisonnière de la liberté qui lui était offerte.

La jeune femme se redressa sur sa selle pour permettre au dos de Mojo de se reposer un peu – non qu’elle fut lourde, au contraire, mais elle préférait préserver sa monture au maximum – sans se défaire du semi-sourire amusé qui avait pris possession de ses traits. Le cowboy avait l’air troublé, ce qui ne faisait que la divertir davantage. Pas que sa gêne eut quoique ce soit d’attrayant, seulement elle se rendait compte qu’il était un peu perdu et l’idée qu’elle avait les réponses pour transformer cette attitude ignorante en – potentiel – sourire rempli de souvenirs lui plaisait beaucoup. Lorsque son questionnement ininterrompu prit fin, elle lâcha un petit rire en secouant la tête de droite à gauche. Elle tâche de remettre les demandes dans l’ordre pour répondre le plus clairement possible.
« Oui, je connais ton nom. » Elle ne se rendit que partiellement compte qu’il l’avait vouvoyée, elle trouvait cela tellement rabaissant d’être considérée comme une « grande personne » par l’homme qui l’avait le plus soutenu durant ses jeunes années. « Tu as habité à Mt.Pleasant, moi aussi, donc c’est forcé qu’on se connaisse, non ? » Elle continuait de parler en énigme comme pour faire durer le jeu plus longtemps.

Son sourire perdit en éclat alors qu’une fatalité lui tombait en plein dessus. Elle avait changé. Une décennie s’était écoulée depuis qu’ils s’étaient vus pour la dernière fois, elle n’était définitivement plus la gamine à couettes qu’il avait connue et appréciée. Le temps s’était écoulé ; si Clayton avait décidé de s’exiler aussi longtemps, ce devait être pour, justement, fuir le passé et ne plus avoir aucun rapport avec ce qui s’était déroulé avant. Elle faisait partie de son histoire, il devait également ne plus rien vouloir avoir affaire avec elle. Peut-être même qu’il l’avait totalement occultée de sa mémoire. Un voile de tristesse passa sur son visage confrontée à cette pensée. Ca n’était pas possible, il avait été trop gentil et aux petits soins avec elle pendant trop longtemps pour ne pas l’avoir portée dans son cœur. Elle l’espérait tellement fort en tout cas.

Serrant ses doigts sur les rênes d’un Mojo qui ne demandait qu’à repartir, elle leva un regard interrogateur vers le jeune homme avant d’éclairer ses doutes, elle le détailla encore un moment pour tenter de percevoir une lueur dans ses yeux qui lui indiquerait que continuer son récit était une mauvaise idée, qu’elle ferait mieux de garder le silence, de ne rien lui rappeler. Mais elle était, elle aussi, avide de réponses.
« Il y a un ranch pas loin d’ici, » commença-t-elle avec un signe de tête qui indiquait approximativement la direction du Red Horse Ranch. « Je ne sais pas si tu te souviens, je pense que si vu que tu t'y es rendu assez souvent pendant près de deux ans. » Elle scruta les traits de Clayton à la recherche du moindre indice qui montrait qu’il avait enfin saisi. « Il y avait une petite fille, haute comme trois pommes, aussi costaude qu’une brindille et qui n’arrêtait pas de parler quand on l’amenait en balade. » Elle pouffa, jamais elle n’aurait imaginé élaborer un portrait d’elle aussi peu flatteur. Et pourtant, il devait être ressemblant puisque le cowboy sembla enfin comprendre. En attendant une quelconque réaction de sa part, la blondinette se mordilla les lèvres. Pourvu qu’il n’ait pas oublié.
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MessageSujet: Re: As long as my dreams alive [R.]   Ven 9 Mai - 23:28

Les yeux fixés sur la jeune femme souriante qui lui faisait face, Clayton tentait tant bien que mal d’associer un prénom à ce visage, à ce timbre de voix qui lui semblait familier sans pour autant en être sûr. C’était comme il avait le sentiment qu’ils s’étaient déjà croisé, sans savoir si cette impression prenait ses sources dans un souvenir concret ou fictif. Cela dit, même si le fait qu’elle le reconnaisse indiquait sans l’ombre d’un doute que c’était plus qu’une rencontre au hasard, il lui manquait le lien qui lui indiquerait où et quand. Pour le moment, il avait les sourcils légèrement froncés et la mine de celui qui réfléchit, sans pour autant abandonner l’expression un tantinet ironique qui le caractérisait. Autant il était perdu dans ses pensées, ne remarquant plus la nervosité de sa monture vu l’intensité avec laquelle il tentait de se souvenir de quand et où il aurait connu cette jeune femme blonde, autant elle semblait amusée de la situation, surtout si on se basait sur son rire et l’éclat amusé de ses yeux.

Ses réponses sibyllines ne récoltèrent qu’un haussement de sourcils oscillant entre l’amusement et l’incitation à développer: savoir qu’elle connaissait son nom n’était pas un avancement extraordinaire dans la mesure où c’était justement elle qui l’avait interpelé par son patronyme !
  « Disons que les chances s’en retrouvent multipliées, mais il s’est écoulé beaucoup de temps depuis que je n’y vit plus … » Il n’ajouta rien de plus, l’idée qu’elle soit au courant de son passé commençant lentement à germer dans son esprit. C’était possible après tout, ses anciens amis étaient tous au courant des raisons de sa fuite. Mais elle, elle était bien trop jeune pour avoir été présente la nuit où toute avec basculé, et il n’arrivait toujours pas à se souvenir. Comme si un gigantesque trou noir engobant son ancienne vie s’était peu à peu implanté dans son esprit, filtrant ses souvenirs à la façon de la mémoire sélective de certains, ne gardant que les pires pour cautionner son départ précipité. Lui faire admettre qu’il n’y avait pas d’autres alternatives possibles à ce moment là.

Il releva les yeux, puis continua en abandonnant la mine songeuse qui le caractérisait un instant plus tôt:
« Mais alors d’où … J’avoue que je ne vois vraiment pas » Il esquissa un sourire qui se voulait désolé, mais dont il était bien incapable, il soutint son regard, gêné: c’était une drôle de sensation que de ce trouver en face de quelque qui vous est inconnu ou presque, alors que ce quelqu’un sait pertinemment qui vous êtes. Sans même songer à décliner son identité. Il secoua la tête de gauche à droite en attendant une réponse, manquant de faire tomber son chapeau, de faire s’emballer Shallow et de finir le nez dans la prairie. Le tout en une fraction de seconde.

Quand elle se décida _enfin_ à lui apporter quelques renseignements susceptibles d’éclairer sa lanterne qui devaient être plus sombre que jamais, il se composa un air attentif et hocha la tête quand elle désigna la direction du ranch. Le Red Horse. Bien sûr qu’il s’en souvenait, il y avait travaillé plus longtemps quand dans les plupart des autres endroits, entre 16 et 18 ans. A l’époque, il n’était encore qu’un gamin à qui ont devait apprendre les trucs du métier, mais se débrouillait si bien que la différence qui pouvait exister entre lui et les autres s’estompait progressivement. Là-bas, il avait pour la première fois eu l’impression de valoir quelque chose, d’être doué dans une tâche autre que celle de distribuer des droites à ceux qui se mettaient en travers de son chemin. Sans aucun doutes, c’était l’endroit qui avait fait de lui un homme. Dire qu’il y allait souvent était d’ailleurs un euphémisme, puisqu’il y passait en fait l’essentiel de ses journées, mais il ne releva, la réponse à ses interrogations s’imposant comme par évidence dans son esprit au fur et à mesure qu’elle continuait sa description. Evidemment. C’était tout bonnement évident, et il n’arrivait à réaliser qu’il avait oublié la petite qui vivait là bas.

Bouche bée, il fixa la jeune femme qui lui faisait face, tentant de trouver dans trouver la moindre ressemblance entre son visage amusé et la gamine dont il se rappelait. Finalement, les ressemblances se firent évidentes, même si les couettes et les sourires auxquels la petite souris avait ravi les dents avaient disparu. Même regard déterminé et quand on faisait attention, même façon de se tenir sur un cheval.


« Maddie ? » Il cligna des yeux. Evidemment qu’il n’avait pas oublié cette petite fille, qui devait avoir 7 ou 8 ans de moins que lui, à qui il avait appris à monter et qu’il emmenait souvent dans de longues promenade lorsque sa journée de travail était terminée. Qui passait le plus clair de son temps à parler de tout et de rien, puisqu’il était à l’époque à des rares à l’écouter. Sauf que le lien entre une gamine bavarde et la jolie jeune femme qui lui faisait face était plus que difficile à faire, et même s’ils avaient été jadis proches malgré leur différence d’âge, jamais il n’aurait pensé qu’elle serait si différente. Jamais il n’avait d’ailleurs pensé la revoir un jour. Encore un coup de ses mémoires sélective, effacer les souvenirs agréables pour ne pas lui faire regretter son geste.

« Je n’en reviens pas … » Il lui adressa un léger sourire, puis redevint songeur, ne sachant quelle attitude adopter: celle qu’il avait avec toute les jolies jeunes femmes qu’il croisait ? Ou l’attitude familière et digne d’un frère ainé qu’il avait réservé exclusivement à la petite Maddie. Qui n’était plus petite du tout, au contraire.

« C’est … Vraiment … Inattendu de te … De se revoir ici ! » Pile à l’endroit où ils avaient l’habitude de se promener. D’un seul coup, ce fut comme si c’était la veille qu’il n’était qu’un adolescent qui se baladait à cheval avec une petite pipelette sur son poney. Mais ça, c’était sans compter les années qui passe. Car ce n’était plus une petite fille qui lui faisait face, et c’était plutôt difficile de passer outre et de faire comme si de rien était. Non, c’était impossible, et une fois de plus il passait pour un crétin à chercher ses mots. Il s’adressait à elle en hésitant comme s’il parlait au président, alors qu’ils étaient, avant, proches comme frères et sœurs …

« Tu as progressé au niveau de ton assiette. Bravo ! » Un léger sourire amusé apparut alors sur son visage, étant tout fier de sa diversion: il n’avait pas envie de revenir sur le passé, sur les raisons qui l’avaient poussé à partir sans lui dire au revoir. Même si ton était différent de celui qu’il avait à l’époque parce que, quoi qu’on en dire, son interlocutrice n’était plus la même !

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MessageSujet: Re: As long as my dreams alive [R.]   Lun 12 Mai - 19:13

« Beaucoup de temps » pour décrire une décennie était un euphémisme. En dix ans pouvaient se déroulaient tellement de choses. Un temps suffisant pour trouver l’amour, le consommer puis le perdre pour ensuite tomber dans les bras d’un autre. Une période offrant la possibilité de se découvrir une nouvelle passion, de se faire de nouveaux amis, de changer de coupe de cheveux – plusieurs fois -, de voir une éclipse solaire, une autre de lune, d’assister à la naissance d’un enfant, voire même de son petit frère, de se mettre au jogging matinal, de dompter un poulain sauvage et de le voir grandir, d’en faire l’étalon reproducteur d’un élevage. En dix longues années, tout était possible. Pourtant, lorsque Maddison regardait en arrière, ses yeux ne se posaient que sur elle, confortablement installée sur son poney de l’époque, riant aux éclats lors d’une course perdue d’avance contre un Clayton adolescent juché sur un mustang à moitié apprivoisé. Elle qui pensait avoir oublié parce qu’elle n’y songeait quasiment plus, elle fut étonnée de retrouver ses souvenirs aussi vifs et précis qu’autrefois. Comme si une décennie pouvait, effectivement, être résumée à un simple « beaucoup de temps écoulé ».

Entendre son prénom de la bouche d’Harper fut comme une bouffée d’air frais. Sa voix n’avait quasiment pas changée – hormis peut-être un timbre plus rauque dû aux années et aux soirées dans les bars ? –, la lueur dans ses yeux ne s’étaient pas éteintes et maintenant qu’elle avait mûri dans tous les sens du terme, elle ne pouvait ignorer qu’il était tout ce qu’il y avait de séduisant. Elle comprenait désormais tous les commentaires et commérages qu’elle avait pu entendre au ranch lorsqu’il travaillait là-bas de la part de tout le personnel féminin. Si elle avait su, peut-être que la discussion qu’elle avait eue – « subie » étant le mot convenant le mieux – avec l’une des jeunes employées aurait été moins surréaliste à ses yeux. Pendant tout ce temps, elle s’était imaginée être populaire dans le ranch alors que toutes ne juraient par elle dans l’unique but de se rapprocher de « monsieur le beau gosse ». Il était comique de voir que l’avidité de la gente féminine allait jusqu’à harceler une gamine de dix ans.

Son sourire amusé reprit possession de son visage devant la mine abasourdie de Clayton, il ne devait sans doute pas s’attendre à croiser une vieille connaissance en partant en balade. Et pourtant.
« Je ne trouve pas ça si inattendu, » répondit-il en penchant légèrement la tête. « C’est vrai, je trouve que c’est logique que nos chemins se recroisent au pied de ses montagnes. C’est là qu’on a passé le plus de temps ensemble. La boucle est bouclée, en quelque sorte. » Si tant est qu’il y eut un jour quelque chose à boucler dans leur histoire. Après tout, elle n’était alors qu’une enfant tout juste entrée dans le cercle vicieux de l’adolescence, lui s’apprêtait à en sortir. Ils avaient beau tout se confier alors – tout au moins, elle lui racontait sa vie dans les moindres détails alors qu’il se contentait le plus souvent d’être une oreille attentive – le revoir maintenant n’avait plus la même saveur. Il était un homme, elle était, aux yeux des autres, une femme. Il était difficile de prédire si leur amitié pourrait résister à un tel gouffre.

La dernière réplique de Clayton tira un rire à Maddison ; éclat de rire qui eut pour effet de surprendre sa monture qui fit un bond de côté, croyant sans doute qu’il s’agissait là de l’annonce d’un départ. La jeune femme resserra sa prise sur les rênes sans quitter son interlocuteur des yeux.
« Merci, c’est gentil. Mais je dois dire que j’ai eu d’excellents professeurs. » Il était le principal visé dans cette réponse, toutefois elle n’occultait pas les quelques autres hommes de cheval qu’il lui avait été donné de rencontrer et qui avaient fait un bout de chemin en sa compagnie. Tous ceux qui avaient donné un sens à sa vie et qu’elle avait oubliés avec une aisance déconcertante, en bonne petite ingrate égoïste qu’elle était. Laissant glisser son regard de la silhouette du jeune homme vers l’étendue verdoyante qui s’offrait à eux, elle baissa ses talons qui vinrent effleurer les flancs de Mojo qui se mit à piaffer en signe d’impatience.

« Par contre, je n’ai pas eu l’occasion d’observer tes progrès. » Elle lui lança un regard rempli de défi et d’amusement. Certes, étant donné le sang chaud de la monture de Clayton, le pauvre hongre n’avait que peu de chance, néanmoins il avait pour lui d’être moins fatigué par la longue pause de pas qu’il venait de subir malgré lui ; les chances étaient partagées. Et peut-être que le cow-boy était rouillé depuis le temps.
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MessageSujet: Re: As long as my dreams alive [R.]   Dim 18 Mai - 12:50

Une main tenant les rênes de Shallow tendues pour l’empêcher de dévaler la plaine à toute l’allure, l’autre postée derrière sa nuque dans une attitude caractéristique de son état d’esprit actuel, Clayton ne se défaisait pas de sa mine étonnée, voir abasourdie. Ce qui contrastait énormément avec le sourire gravé sur le visage de Maddison, qui était en gros la dernière personne qu’il se serait attendu à voir en revenant en ville. Raisonnement tirant à l’absurde puisque qu’il n’y avait aucune raison valable qu’elle ai quitté la ville ou quoi que ce soit d’autre. En fait, en laissant passer dix longues années entre lui et celle ville, il avait cru que toutes les bribes de son passé allaient partir en fumée et devenir un étranger comme tant d’autres. Sans histoires, sans le moindre lien. Mais là, il se rendait finalement compte qu’il était vain de toujours chercher à fuir pour se masquer la vérité, parce qu’on se défait jamais vraiment de qui l’ont était. La preuve en était que même quelqu’un qui n’était qu’une enfant lors de son départ se souvenait de lui, alors qu’en était t-il du reste ? Il n’osait imaginer le tapage que ferait sa venue s’il se pointait dans un des ranchs les plus fréquentés, ou même au saloon en début de soirée. Car si elle l’avait reconnu, c’était que d’autres pourraient très bien faire de même, et parmi eux ce qui savaient ce qui c’était passé. Chose qu’il préférait éviter, même si cela impliquait de se rendre le moins possible en ville.

Lorsqu’elle parla de boucle bouclée, Clayton releva la tête en même temps que son sourcil qui s’arqua en une expression étonnée, et il ne du qu’à l’écart de son cheval de répondre par quelque chose de totalement stupide sans le moindre sens. Il était vrai qu’ils avaient partagés de nombreuses choses lorsqu’il travaillait encore au ranch, mais ne savait plus comment se comporter maintenant qu’ils avaient tous deux grandis. Et changé. Leur différence d’âge qui simplifiait grandement leur relation d’autrefois en faisant d’eux presque des frères et sœurs semblait ne plus compter maintenant, ce qui l’empêchait de savoir quel comportement adopter. Faire comme si elle avait encore dix ans ne serait pas vraiment valorisant, et se conduire comme si elle n’était qu’une énième jeune femme croisant sa route n’était pas envisageable. Alors quoi ? Se saluer et repartir ? Raconter une blague ? Discuter du dernier film sortit ? Parle de la météo ? Pourquoi prendre un thé avec des petits gâteaux pendant qu’on y était ![i]

« C’est possible … » [i] Très utile, mais il pensait souvent à voix haute. Cela dit, mieux valait parler moins plutôt que de dires d’affligeantes stupidités! Il retint un éclat de rire lorsque son cheval manqua de s’emballer, qui ne s’afficha que par un sourire amusé et d’un « hum » dont le sens ne laissait que peu de doutes quand à ce qu’il en pensait. Il serra légèrement les doigts lorsque Shallow lança la tête en avant, puis haussa légèrement les épaules.
[color]« Les professeurs ne sont là que pour développer un potentiel … Tu te souviens de Jen ? On a jamais réussit à la faire tenir sur un cheval plus de 3 minutes ! » [/color] Un éclat amusé traversé ses yeux verts quand il repensait à cette pauvre fille qui vivait au ranch en même temps qu’eux, puis redevint sérieux lorsqu’elle lui lança un défi à demi mots. Son égo d’en demandait pas plus, et il lui lança un regard teinté d’amusement à son ancienne protégée: même s’il ne doutait pas de ses capacités, il montait mieux que la plupart des gens, et n’imaginait même pas pouvoir perdre une course.

« Tu veux qu’on voie ça en direct ? » Il reprit ses rênes d’un main en les croisant au dessus du pommeau, puis effleura légèrement les flancs de Shallow qui avança de quelques pas avant qu’il lui fasse faire volte face, puis continua en décidant de se laisser prendre au jeu. Même si son étalon devrait ensuite revenir au pas au ranch. Même si il allait la vexer en gagnant -parce qu’il allait gagner, qui en douterait ?-, il n’était pas non plus décider à la laisser partir devant, ce n’était pas dans son tempérament. « Le premier arrivé à la prairie là bas … » Il désigna l’endroit où l’on distinguait la limite de la forêt «  A peine 500 mètres ! »

Faisant de nouveau faire volte face à sa monture, il vint se placer au même niveau que Maddison, non sans s’empêcher de penser à quel point elle avait changé. Le lien entre elle et la gamine était encore dur à faire, même s’il n’y avait plus de doutes à avoir de ce côté-là. Clayton inspira un grand coup tandis que Shallow piaffait sur place, de l’écume blanche commençant à se former sur son encolure, puis compta lentement, un sourire teinté d’ironie au visage tandis qu’il regardait toujours la jeune femme. « Prête ? 5 .. 4 … 3 … 2 … 1 … GO ! »

Sans attendre une seconde de plus, il ouvrit les doigts en se soulevant légèrement de sa selle tandis que ses talons se serraient sur le flanc de l’étalon, le faisant décoller en avant et partir à toute allure à travers la plaine. Il ne s’était retourné qu’une seule fois pour s’assurer que Maddison avait elle aussi prit le départ et galopait maintenant à bride abattu, la crinière de Shallow lui claquant au visage tandis que le bruit des sabots ponctuait chacune ses foulées du cheval. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas piqué de sprint de cette manière, sans se préoccuper de rien d’autre que de la vitesse fulgurante, néanmoins ralentissant légèrement au fil des mètres parcouru: sa monture commençait à fatiguer, et il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil abasourdi en voyant Maddison arriver presque à son niveau … S’il n’accélérait pas maintenant, il était bon pour admettre qu’il avait perdu, et ça il n’en avait pas l’intention: il talonna de nouveau, et se coucha en avant dans un utlime effort: au pire seraient t-ils ex aequo!

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