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 Just a little song. [R.]

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MessageSujet: Just a little song. [R.]   Dim 15 Juin - 2:01

Chayton était sortit de la maison, sa guitare sur le dos, vêtu d'un jeans passablement déchiré par endroit ainsi que d'un tee-shirt. Chapeau de cowboy sur la tête, n'importe qui aurait comprit qu'il venait d'ici. Son style vestimentaire s’accordait parfaitement avec l’endroit où il vivait et il en était plus que ravi. Vraiment, il adorait Mount Plaisant et pour rien au monde il ne quitterait cette ville. Si seulement son père pouvait décider d’aller vivre ailleurs alors là, il serait carrément aux anges. Il n’aurait plus que lui à s’occuper, plus que lui à penser et comme il travaillait et était le seul à le faire, ça ne changerait pas grand-chose. Il aurait simplement plus d’argent en poche puisqu’il n’aurait pas besoin de nourrir un homme qui ne désirait que boire la prochaine bouteille de vodka ou de brandy, peu importe ce qui lui tombait sous la main. C’est pourquoi, souvent, il s’arrangeait pour rapidement quitter la maison, rapidement disparaître en le laissant seul avec son âme torturée. Il savait que ce n’était pas bien et que son père avait sans doute besoin de lui, mais Chayton n’avait pas la force de combattre contre un ivrogne. Chaque fois qu’il tentait de s’excuser, de lui demander pardon, son père rejetait la faute sur son dos et ils se mettaient à crier, à hurler et sans doute à se battre si dans ces cas-là, son père avait été capable de se tenir sur ses deux jambes. Depuis quelques temps, il buvait sans cesse et il n’était plus jamais dans son état normal. Chayton fermait les yeux et disparaissait, simplement.

Il marcha donc, sans se presser, jusque tout près du ranch Red Horse, celui-là même où il travaillait. Il traînait habituellement son cheval avec lui, mais cette fois, il voulait la paix. Il n’avait pas envie de le surveiller, il souhaitait simplement s’asseoir, jouer jusqu’aux petites heures du matin alors qu’il savait que personne ne risquait de l’entendre et revenir. La journée avait été longue et dure et il avait besoin de se détendre. Il marcha encore un peu, jusqu’à atteindre le haut d’une montagne. Le soleil était couché depuis un petit moment déjà, mais la lune éclairait vraiment bien ce soir ; il n’y avait aucun nuage. Il s’assit don tout en haut et ramena sa guitare devant lui alors qu’il touchait les cordes pour voir si elle était accordée. Apparemment oui. Il ne jouait jamais en public et rares étaient ceux qui savaient qu’il jouait de la musique. En fait, il avait un réel don autant pour la guitare que pour le chant. Il avait une voix dure, une voix qui allait bien avec le terme de cowboy. Il ferma les yeux alors qu’il laissait ses doigts glisser sur les cordes pour produire le son d’une mélodie qui allait bien avec lui ces temps-ci. C’était d’ailleurs la chanson que sa mère adorait le plus, une chanson qui réunissait ses deux parents en l’espace de quelques secondes. Il ignorait ce qui se passait avec cette-chanson-là, mais ils l’adoraient tous les deux. Wonderful Tonight resterait à jamais, c’était certain. Il y avait de nombreux disques d’Eric Clapton dans la maison, ou plutôt, il y avait de nombreux disques... Chay avait dû les ramener dans sa chambre pour empêcher son père de les jeter dans l’un de ses états d’ivresse. C’était trop important pour lui. Il les écoutait en cachette et avait finit par se décider à jouer la fameuse mélodie. D’ailleurs, dans un murmure presque, il garda les yeux fermés et il chantonna à mi-voix les paroles pour s’accompagner, lui-même.

« It’s late in the evening
She’s wondering what clothes to wear
She puts on her make up
And brushes her long blonde hair
And then she asks me
Do I look alright?
And I say yes, you look wonderful tonight »

Les accords, mélodieux, les paroles, prononcées avec le cœur d’un homme qui semble être ramené à l’enfance, il prononçait justement ses paroles avec son cœur, se laissant prendre complètement au jeu. Il était seul, dans cet endroit désert où il pourrait demeurer jusqu’à la tombée de la nuit et pourtant... Il était tellement bien. Il ne chantait jamais s’il y avait quelqu’un, il préférait garder cela simplement pour lui, jouer de la guitare pour lui, afin de se détendre. Il voulait conserver quelques moments seul avec lui-même et la musique lui apportait le réconfort dont il avait besoin. Bien sur, avec le bruit de la musique et avec sa voix et son esprit totalement embrumé par la chanson, il n’avait pas entendu des pas s’approcher. Et si seulement il avait su... Il n’était pas du genre à se mettre au devant des autres et il détestait cela. Seulement... C’est pourquoi, lorsqu’il entendit un bruit, il sursauta, laissant presque sa guitare échouer au sol alors qu’il se retourna vivement, fâché de s’être fait épié. Maddison. Alors là, il ne s’y était pas attendu du tout du tout. Aussitôt, il lui fit un reproche. Il n’aurait pas dû, vraiment... Après tout, c’était une bien piètre façon d’essayer de ravoir une relation pour le moins potable avec elle. Amicale quoi. « Maintenant, tu as le droit d’épier les gens sans leur permission? » demanda-t-il, horriblement mal à l’aise de savoir qu’elle l’avait entendu. Franchement. Elle venait peut-être juste d’arriver et peut-être avait-elle simplement été curieuse. N’empêche, elle était là et il aurait préféré qu’elle soit ailleurs. Il poussa un soupir, posant sa guitare au sol, derrière lui, refusant de se laisser abattre pour une simple rencontre surprise.
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MessageSujet: Re: Just a little song. [R.]   Mer 18 Juin - 21:22

La vie de Maddison avait tout pour être à classer parmi les « plus enviables ». Elle possédait une ribambelle d’amis tous plus géniaux les uns que les autres, sa vie sentimentale n’était plus aussi désastreuse qu’elle avait pu l’être, et elle ne manquait de rien de part l’argent que la fortune familiale plaçait sur son compte en banque. Elle pouvait s’acheter tous ses coups de cœur sans même éprouver le besoin de se trouver un petit job. Le rêve ? Pour les autres, sans doute. A ses yeux, son existence n’avait rien d’un conte de fées, et même si chaque membre de sa famille aimait l’appeler « princesse », elle n’en avait pas le cœur. Car dans les contes pour enfants, seul l’un des deux parents était représenté de façon négative – soit le roi sans cœur ou la marâtre diabolique -, chez elle, l’un ne valait pas mieux que l’autre. Un père volage et une mère dépressive n’avait rien d’engageant. D’autant plus qu’il considérait tous deux l’argent comme un moyen de préserver leur bonheur inexistant. En gros, ils se fourvoyaient sur toute la ligne en s’imaginant que leur fille unique pensait la même chose. Ce qui était complètement faux, Maddie avait beau avoir été élevée dans un luxe certain, elle donnait une plus grande importance à la bonté des gens plutôt qu’au contenu de leurs portefeuilles – et ce malgré ce que beaucoup de médisants pouvaient penser sur son compte -, la preuve étant la diversité de ses connaissances. Pour palier à ce manque cruel d’affection parental qui incombait normalement aux enfants, Maddison avait pris la poudre d’escampette, elle s’était enfuit de son chez elle en ville pour s’installer provisoirement dans le ranch de son cousin, le mieux était qu’elle avait fait cela d’une façon tellement bien gérée que ses parents s’imaginaient encore qu’elle reviendrait plus tard. Ce qui n’était pas dans ses projets, elle avait beau les aimer de tout son cœur malgré ce qu’ils lui faisaient subir, elle n’était pas prête à remettre les pieds dans leur villa pleine de rancœur et d’amertume. Qu’ils se satisfassent déjà qu’elle daigne leur accorder un appel téléphonique tous les deux jours.

Ce fut d’ailleurs au cours d’une de ces fameuses discussions que la jeune Ouimet perdit toute la jovialité qui, jusque là, avait bercé ses journées telle une douce mélodie entêtante. Marre, marre et trois fois marre. Elle n’en pouvait plus des sautes d’humeur de sa mère qui apparaissait toute souriante et en un claquement de doigts, se mettait à pleurer à l’autre bout du fil pour faire revenir sa « petite chérie qui lui manque tant ». Alors qu’à chaque fois qu’elle remettait les pieds chez elle, tout ce dont elle avait droit était l’ignorance la plus totale. Elle n’y retournerait pas de sitôt, elle se l’était juré et la vie qu’elle menait en demeurant au Red Horse Ranch la confortait dans son choix. Elle aimait son existence actuelle, même si celle-ci n’était destinée qu’à plusieurs mois, avant que ses cours à l’université ne reprennent. Elle voulait les vivre pleinement en compagnie de personnes qui se souciaient réellement de son bien-être. Sans se prendre la tête. Bien qu’elle se trouvât à quelques kilomètres seulement de son lieu d’habitation habituelle, il lui semblait avoir changé de continent tant le mode de vie du ranch était différent de celui du centre-ville. Ceux qui l’entouraient désormais devaient énormément jouer. Principalement un cow-boy à l’accent étrange, mais la question n’était pas là.

Aussi énervée que frustrée, Maddison attrapa une veste qu’elle passa au-dessus de la tunique qu’elle avait choisie le matin-même et sortit du domaine dont les murs étaient soudainement devenus étouffants. Sa première décision fut de faire un tour dans les écuries, pour se changer les idées en écoutant le son réconfortant des lourdes respirations des chevaux, en se laissant tomber dans un gigantesque tas de paille et en ne songeant plus à rien d’autre qu’au temps qui s’écoulait. Seulement un air de guitare captura son attention, lui faisant modifier sa trajectoire. Elle marcha un temps certain – elle aurait été incapable d’en donner la durée exacte car trop occupée à essayer de reconnaître la mélodie jouée – jusqu’à ce qu’une silhouette se dessine au sommet d’une colline proche de la grange. La blondinette ralentit son allure pour faire une arrivée discrète et resta debout, dans le dos du jeune homme à la guitare, à écouter et attendre qu’il termine sa chanson. Le timbre de sa voix lui rappelait vaguement quelque chose, toutefois son esprit trop torturé ne put remettre un prénom ou un visage dessus. Les paroles qu’elle reconnaissait désormais comme étant celles d’Eric Clapton, semblaient avoir été écrites pour elle, ce qui eut pour effet de la perturber un tantinet. Lorsqu’enfin, la lueur de la lune éclaira entièrement l’ombre qui s’était retournée sur elle, Maddison sentit une bouffée de chaleur – qui ne tenait pas le moins du monde d’une quelconque marque de bonheur – lui monter aux joues. Chayton MacDonald.


« Si j’avais souhaité t’épier, ce qui était très loin de mon idée, j’aurais au moins choisi un buisson derrière lequel me cacher, » lâcha-t-elle d’un ton sec, peu disposée à discuter avec cet être vil qui lui avait volé de longs mois de sa vie. Elle le détailla ouvertement de haut en bas avec une moue dégoûtée assombrissant ses traits. Après une discussion tendue avec sa mère, voilà qu’elle tombait sur la personne qu’elle méprisait le plus – ou presque – à des kilomètres à la ronde. La soirée ne pouvait pas plus mal se passer. « Tu peux reprendre ta guitare, je ne vais pas déranger ta petite soirée avec toi-même plus longtemps. » Elle haussa les épaules, fourra les mains dans ses poches et tourna les talons plus rapidement qu’elle n’était arrivée à peine deux minutes plus tôt, maudissant la curiosité qui l'avait poussée à marcher jusqu'au sommet de la colline.
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MessageSujet: Re: Just a little song. [R.]   Ven 20 Juin - 3:34

[Oulah...! Ça promet...! ]

Chayton avait une voix quelque peu différente de la sienne lorsqu'il chantait. Il ne s'en rendait pas vraiment compte, mais la douceur qui émanait de lui lorsqu'il chantait les mots préférés de sa mère aurait pu être contagieuse si seulement ce n'avait pas été Maddison qui le découvre dans cette position. Oui, c'est vrai quoi... Tout était parfait! Chayton était enfin de bonne humeur, plutôt calme contrairement à l'ambiance qui régnait chez lui et il devait le tout à sa guitare. Seulement... Le simple fait de savoir qu'elle l'avait écouté lui faisait un pincement au coeur. Pas parce qu'il avait peur de savoir ce que les gens penseraient de lui en sachant qu'il jouait de la guitare et qu'il accompagnait même sa musique de paroles plutôt connues, non. C'était plus le fait de se sentir complètement nu, complètement à découvert devant la fille dont il préférait désormais taire ses sentiments. C'était comme si son esprit tout entier était dévoilé, comme s'il ne pouvait plus se cacher derrière une carapace qui prouverait sa force de caractère et d'esprit. Il avait laissé transparaître une faiblesse et cette faiblesse, c'était sa mère. Il ne voulait pas qu'elle le découvre, mais en même temps, il se sentait dans l'obligation de lui fournir une explication. Il ne chanterait pas une chanson comme cela simplement pour le plaisir, non. Les paroles étaient belles, certes, mais c'était surtout le fait qu'elle représentait énormément pour lui cette chanson.

Il la laissa parler sans rien dire jusqu'à ce qu'elle tourne les talons. Alors là, il comprenait que c'était maintenant à lui de jouer. Ça faisait longtemps qu'il voulait lui parler, tenter d'arranger les choses et conserver tout de même une relation qui ne soit pas hyper tendue. Il aimerait mieux ne plus être obligé de l'éviter. Après tout, il travaillait ici, au ranch, et déjà que Jimmy le détestait sans doute à mourir, il n'avait plus envie de jouer le jeu. Il avait envie de tenter de faire le point avec elle. Si elle ne voulait plus lui adresser la parole, d'accord, il comprendrait, mais au moins, il serait fixé. C'était sans doute ce que Chayton détestait le plus des petites villes. Ls ragots, surtout ceux qui y mêlaient une fille, voyageaient très rapidement et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, tout le monde était au courant. Maddison n'avait sans doute même pas eu besoin de lui raconter. C'est vrai quoi, il avait du être au courant bien avant. En la voyant partir aussi rapide que son ombre, il ne put qu'en avoi l'estomac tout retourné et il alla au devant d'elle afin de lui prendre le bras. Délicatement. Mais fermement. Simplement pour l'arrêter. Il la relâcha par la suite et tenta de croiser son regard, baissant légèrement la tête comme pour tenter de lire en elle. "C'est... C'était la chanson préférée de ma mère." murmura-t-il en glissant une main dans sa poche et en la retirant quelques secondes après, signe de nervosité chez lui. Certes, elle ne lui faisait plus le même effet qu'avant, surtout parce que son coeur battait pour quelqu'un d'autre et que le sien aussi d'ailleurs, mais il n'aimait pas être fâché contre elle. Ils avaient passé de beaux moments tous les deux et il trouvait ça dommage de voir tout ça se terminer de cette façon. Okay, il n'avait pas été rapide à réagir sur ce coups-là, mais c'était surtout parce qu'il pensait pouvoir vivre en l'évitant, en feignant de ne pas se rendre compte que ça lui brisait le coeur finalement.

"Navré que tu ais entendu ça..." fit-il, la voix légèrement enrouée. Navré pour quoi? Sans doute parce que comme il interdisait l'accès à la plupart des gens à sa vie privée, à ses sentiments, à sa vie en gros, chaque personne qui découvrait quelque chose d'inédit en lui devait se sentir mal. De plus, il chantait très bien, mais c'était dur de se l'avouer. Trop exigeant envers lui-même, il trouvait toujours quelque chose qui clochait et il était certain, évidemment, que tout le monde le voyait. Il ne savait pas comment engager la conversation autrement et il pensait qu'elle partirait sans doute en courant. Non mais franchement... Un gars qui chante la chanson de sa mère décédée, la chanson qu'elle lui chantait lorsqu'il était enfant et dont le père demeurait dans le cadre de la porte afin de l'écouter, sans broncher, alors qu'il se mettait au lit... Sans doute le prendrait-elle pour un fou, mais il s'en fichait un peu de toute façon. Seulement, il n'avait pu s'empêcher de lui expliquer ce changement d'attitude. Il avait été trop surpris de la savoir à ses côtés alors qu'il pensait être seul et il avait dérapé. C'était son antre, son jardin secret et personne n'y avait jamais pénétré. Il n'était pas encore prêt à parler de sa vie familiale et il se doutait bien que peu importait s'il était prêt ou pas, Maddison ne voudrait rien savoir. Tant mieux parce qu'il n'allait certainement pas lui raconter les banalités de sa vie.

" Tu... Tu as l'air contrariée. Est-ce que tu vas bien?" demanda-t-il d'un air adouci alors qu'il réussissait enfin à croiser son regard. Elle semblait un peu perdue et évidemment, il connaissait un peu de l'histoire de Maddison, plutôt... quelques bouts. Et malheureusement, quand on mettait les petits bouts qu'il connaissait les uns à la suite des autres, ce n'était pas toujours très cohérent. Il imaginait que sa vie ne devait pas être toujours joyeuse elle non plus. Mais bon, on avait tous nos petits secrets, n'est-ce pas?
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MessageSujet: Re: Just a little song. [R.]   Dim 20 Juil - 1:19

Maddison se sentait mal. Pas d’être tombée sur la dernière personne sur Terre qu’elle aurait voulu rencontrer, non, parce qu’elle l’avait surpris dans un moment privé. S’il s’était isolé dans un tel coin de la prairie à un tel moment de la nuit, c’était pour avoir de l’intimité ; et elle ne s’était pas gênée pour tout piétiner avec ses gros sabots. Pourtant, alors qu’elle était disposée à repartir comme elle était venue, une sensation étrange l’en empêcha. Les paroles énoncées par Chayton la firent même se retourner. Elle le fixa un instant comme elle en avait la désagréable habitude – son regard hypnotique avait tendance à déranger ceux qui en étaient les victimes – et se rendit alors compte que jamais, durant le temps qu’avait tenu leur couple, elle ne l’avait entendu chanter. Pas aussi sérieusement. Et, bizarrement, cela lui faisait quelque chose, comme une émotion refoulée qui refaisait surface au moment où on l’attendait le moins. Elle avait détesté le jeune homme, de tout son cœur, de toute son âme, parce qu’il avait osé la tromper, pire, il savait alors la confiance aveugle qu’elle avait en lui. Et il avait tout jeté aux ordures pour les courbes de la première pétasse qui avait croisé son chemin – et qui, Dieu la protège, avait eu la chance de ne pas croiser le sien à elle – sans scrupule. Même si Maddie était la personne la plus ouverte et sociale qui fût, elle ne pouvait décemment pas offrir son pardon pour un tel affront, dès qu’elle avait appris la nouvelle, elle avait aussitôt rompu, préférant mettre un terme définitif à leur pourtant belle relation plutôt que de prendre le risque qu’il recommence. Car elle connaissait les hommes pour avoir vu plus d’une comédie romantique, si on leur offrait une main, il réclamait très vite le bras qui allait avec puis l’épaule. L’égo de la jeune femme n’aurait pas supporté d’être traitée comme la bonne poire du coin, celle sur qui toute la population féminine de Mount Pleasant se serait retournée pour rire dans son dos. Les moqueries allant de paire avec les cornes, non merci.

Une lueur de tristesse passa dans son regard, qu’elle détourna presque aussitôt, quand il lui fit part de la nature de cette chanson. Avec tout ce qui se passait dans sa vie, toutes les saloperies affectives qu’elle accumulait, elle avait tendance à oublier que certains parents n’offraient pas leur amour pour d’autres raisons qu’un égoïsme sans borne. Encore une fois, c’était une nouvelle facette du jeune Macdonald qu’elle découvrait, lui qui s’était toujours montré très discret sur le sujet du décès de sa mère. Se pouvait-il que, de son côté, la hache de guerre entre eux soit profondément enterrée ? Maddison entrelaça ses mains devant elle, signe de malaise évident. Elle ne pouvait pas faire de même, pour lui qui était le fautif, il était presque normal qu’il ne lui en veuille pas après tout ce temps. Alors qu’elle, elle avait été la trompée, celle de qui on avait bafoué la confiance. Et pourtant, plus elle le détaillait, lui et son air de chien battu, moins elle arrivait à combattre cette force qui lui disait d’abandonner, de se laisser aller à l’affection qu’elle lui avait toujours portée. Car malgré ce qu’elle pouvait s’imaginer, Chayton – à l’image de tous ses petits amis – avait gardé une certaine place dans son cœur ; pas la meilleure, certes, mais il y était toujours présent. Demeurant à une distance raisonnable, elle haussa les épaules et laissa son regard traîner sur l’herbe que la nuit tombante peignait d’un gris légèrement orangé.


« C’est moi qui devrais m’excuser, » répondit-elle en se raclant la gorge. « Sachant qu’il y avait quelqu’un sur la colline, j’aurais dû crier pour annoncer mon arrivée. Ca aurait évité… » …que je te surprenne en pleine commémoration artistique, termina-t-elle dans sa tête, jugeant que l’énoncer tout haut aurait été déplacé. Dans un élan de sociabilité qui lui était courant, Maddison voulut lui demander de lui parler de sa mère, le soulager d’un poids qu’il ne partageait sans doute avec personne, toutefois elle était mal placée pour lui réclamer une telle faveur. Elle l’avait mis à la porte sans chercher à comprendre et, à dire vrai, si elle souhaitait traiter un sujet avec Chayton c’était le pourquoi il l’avait trompée. Le reste ne la regardait plus car elle n’était plus qu’un souvenir dans la vie du jeune homme tout comme il l’était à ses yeux. Un souvenir qui jouait de la guitare en mémoire de sa mère morte. Maddie se mordit la lèvre inférieure, en proie à une foule d’émotions contradictoires. Sa tête lui disait de cesser toute discussion avec ce fourbe hypocrite alors que son cœur ne souhaitait que lui offrir une oreille attentive. Durant les longs mois qui avaient suivi leur rupture, elle n’avait cessé de le maudire pour ce qu’il avait fait, sans chercher à comprendre, sans chercher à faire entrer en compte des facteurs qui auraient pu jouer en sa faveur, le fait qu’il n’ait même pas souhaité s’excuser ou s’expliquer n’avait fait qu’augmenter sa rancœur. Mais maintenant qu’elle l’avait en face d’elle, après tout ce temps, quelque chose avait changé. Chay semblait tellement nostalgique qu’elle éprouva un début de pitié à son égard. Il ne méritait pas cette tristesse qui emplissait ses yeux, lui conférant une mine grise et peu amène.

« Oui, je vais bien. » Son ton, quoiqu’encore un peu sec, s’était considérablement adouci, à l’image de sa colère. Face à elle, elle ne voyait pas le garçon qui avait couché avec une autre mais plutôt un ami à qui elle pouvait parler et dont elle était disposée à écouter les problèmes. Il fallait juste que l’un des deux fasse le premier pas, ce qui s’avérait plus difficile qu’en théorie. « Enfin, j’aurais bien une ou deux choses à changer dans ma vie, seulement on est bien obligés de faire avec ce qu’on nous offre, n’est-ce pas ? » Elle fit quelques pas pour se rapprocher du jeune homme, un pâle sourire désolé sur les lèvres. Cette fois, sa colère s’était totalement évaporée. Ainsi était Maddison Ouimet, rancunière à mort uniquement dans ses paroles. En pratique, elle était bien incapable d’en vouloir longtemps à ceux qui avaient une place particulière dans son existence.


[Désolée, un mois pour répondre, c'est pathétique Embarassed ]
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MessageSujet: Re: Just a little song. [R.]   Mar 22 Juil - 21:34

[On va dire que je te pardonne vu que tu as créé de supers nouveaux avatars de Ian! ]

Chayton n'avait pas voulu spécifier quelque chose sur ses gestes en cette nuit plutôt chaude. Mais c'était sortit tout seul et maintenant, il n'avait pas vraiment le choix de faire avec. Pas que ça l'énervait particulièrement, mais il savait qu'elle ne voulait sûrement rien savoir de sa vie. Pourtant, lui était différent. Il aimait bien que les autres lui racontent leurs problèmes, mais il admettait rarement avoir besoin de se confier. L'orgueil masculin sans doute... Comme si toute sa vie durant, Chayton pouvait croire ne serait-ce qu'une seconde que tout irait bien... Évidemment qu'il y aurait des embûches, évidemment que la voie à suivre ne serait pas toujours très claire, mais c'était ça la vie, non...? Une vie toute morne ne serait pas plaisante non plus donc il devait y avoir un juste milieu n'est-ce pas? Côté famille, il n'avait pas été gâté, mais il avait beaucoup d'amis sur qui il pouvait compter. Pourtant, le dicton disait que les vrais amis, on pouvait les compter sur les doigts d'une main, mais il était sûr que c'était faux. Ça devait dépendre des gens et de leur cercle d'amis, non?

Lorsque Maddison s'excusa, il voulut affirmer que ce n'était pas de sa faute à elle et qu'il avait réagit un peu bêtement, mais elle ne lui en laissa pas vraiment le temps. "Ça aurait évité quoi...?" demanda-t-il d'une voix plutôt douce tout de même alors qu'il voulait simplement connaître la fin de sa pensée. Évité qu'ils ne se recroisent? Évité qu'ils n'aient à parler? Évité qu'elle ne l'entende chanter et qu'il ait besoin de donner des explications? Toutes ces possibilités entraient en ligne de compte et Chayton ne savait laquelle la jeune femme n'appréciait pas. Peut-être était-ce tout à la fois...? Possible... Après tout, il comprenait son désarroi même si leur relation était du passé maintenant. Il savait que pour elle, il n'était qu'un idiot, un traître et tous les noms qu'elle voulait bien lui donner, mais il ne pouvait plus reculer. Ce qui était fait était fait malgré tout, mais il n'aimait pas voir Maddison mal à l'aise et c'était à lui d'arranger ça. "Tant mieux si tu vas bien..." murmura-t-il alors qu'elle répondait à sa question plutôt personnelle malgré tout. C'est vrai quoi, si la personne en face de vous affirmait qu'elle n'allait pas, ça devenait quand même passablement dangereux par après, le terrain restait glissant. Elle rajouta d'ailleurs quelques trucs et il se sentit légèrement visé même s'il pensait qu'elle ne s'attaquait pas vraiment à lui en disant cela. Pourtant, ça semblait coller parfaitement bien, donc... "Tu as raison... Il faut vivre de l'avant, j'imagine, n'est-ce pas...?" demanda-t-il même s'il aurait préféré garder la bouche hermétiquement close. Mais Chayton était impulsif dans ses paroles souvent et ça risquait de sortir tout croche. Mais pour une fois, c'était pas si mal et même si cette phrase n'était pas réellement pour Maddison, il comprit que vraiment, il devrait la mettre en pratique et qu'il était mieux de faire ça dès maintenant.

"Écoute..." fit-il dans un murmure en posant délicatement ses mains sur les épaules de la jeune femme. Il ne voulait en rien la brusquer ou poser un geste qui lui ferait plus de mal que de bien, mais il voulait que ce soit clair entre eux. Il ne lui demanderait pas quelque chose de spécial, il ne voulait pas qu'elle oublie le mal qu'il lui avait fait, il voulait simplment qu'elle sache qu'il attendrait. "Je n'attend pas de toi que tu me pardonnes ce que je t'ai fait, je sais que c'est dur..." débuta-t-il en plongeant son regard dans le sien alors que ses mains massaient doucement et nerveusement les épaules de la jeune femme. Ce n'était pas pour lui faire mal, ça non, mais simplement à cause d'un tic nerveux. "J'ai dérapé ce soir là et je m'en excuse. Je veux juste que tu sois heureuse et si tu l'es maintenant, je suis heureux..." affirma-t-il avec un pâle sourire. Après tout, il ne voulait pas qu'elle s'en fasse avec ça toute sa vie... Ce n'était pas qu'il ne l'aimait pas, il avait simplement eu besoin d'une oreille et l'autre l'avait fait. Bon, c'était d'une façon quelque peu étrange, avouez-le, mais il s'était changé les idées en même temps malgré tout. Et ce n'était vraiment pas parce qu'il voulait se foutre d'elle parce que c'était loin d'être le cas. Elle comptait pour lui et était, d'ailleurs, la seule fille avec qui il était sortit pendant une aussi longue relation. Il n'aimait pas s'attacher aux gens de cette façon de peur de les perdre. C'était bien connu, l'amitié durait toujours, mais l'amour était souvent bien trop éphémère... Et Chayton était loin d'apprécier ce qui ne durait pas... C'est sans doute pourquoi il était rare qu'il prenne un coup pour se saouler la gueule... Ça ne durait jamais suffisamment longtemps et après, ça causait souvent des tonnes de problèmes en plus de ceux qu'il avait déjà. C'était donc une bien piètre façon de se réconforter, l'alcool et la peine ne faisaient et ne feraient jamais bon ménage!
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