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 It looks like love has finally found me [R.]

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Sawyer C. Foxwood
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MessageSujet: It looks like love has finally found me [R.]   Jeu 26 Juin - 20:08





C'était la fin d'après-midi sur Mount Pleasant, Texas. La journée avait été, comme toutes les autres, chaude et brûlante, et chargée d'un long travail au ranch de La Escalera auquel tous les employés du ranch, propriétaires comprises, s'étaient adonnés sans relâche. Les problèmes d'argent étaient toujours là, mais heureusement et presque par miracle, les cow boys préféraient aider les soeurs Foster à sortir de leur galère plutôt que de les abandonner à défaut d'obtenir un salaire convenable. Était-ce leur sourire séduisant ou leur chevelure blonde, personne n'aurait su le dire, mais le résultat était qu'elles étaient persuadées d'avoir les meilleurs cow boys du comté. Et puis, même si leur budget était souvent dans le rouge, l'ambiance était bonne et les journées se déroulaient sans encombre.

C'était aussi la saison des mises-bas et malgré la première qui s'était (presque) mal déroulée pour ouvrir le bal, les autres qui suivaient se faisaient plutôt bien, et Mely passait beaucoup de temps au ranch pour aider les soeurs Foster. Enfin bref, Clayton et Joan avait profité d'une petite fiesta organisée dans une des terres du ranch pour détendre les troupes pour s'éclipser discrètement et emprunté un cheval dans l'écurie. C'était Clayton qui tenait tant à ne pas se faire remarquer, alors que Joan s'en fichait un peu. Mais elle obtempérait pour lui faire plaisir. Et c'était aussi pour ne pas le contrarier qu'elle avait accepté de laisser Lady Charmine à l'écurie et de monter avec lui sur le même cheval. Ce n'était bien entendu pas un rendez-vous, aucun d'entre eux n'avait employé ce mot, elle avait juste accepté la proposition qu'il lui avait faite l'autre jour à la grange. Et Joan n'était pas du genre à s'encombrer d'un vocabulaire amoureux alors qu'elle collectionnait les aventures en tout genre sans jamais passer par la case « rendez-vous ».

Mais comment pouvait-elle faire pour ne pas penser que cette fois-ci c'était différent ? Même si elle essayait de prendre les choses simplement comme elle venait, la venue de Clayton au ranch n'avait fait que provoquer en elle une foule de questions ; sur lui, sur eux, sur elle. Depuis qu'elle s'était assise juste devant lui, en amazone parce qu'ils n'avaient pas de selles, et qu'il avait passé ses bras autour d'elle, elle avait cessé de parler pour garder son regard rivé sur le sentier qu'il avait pris, et qu'il connaissait pour une raison inconnue. Cette escapade surprise à la rivière lui rappelait d'ailleurs cette phrase qu'il avait prononcé sans vraiment s'en rendre compte, sur le fait qu'il était déjà venu ici auparavant.

Joan tourna la tête vers lui et son regard rencontra le sien pendant quelques secondes durant lesquelles elle resta silencieuse. Puis elle baissa les yeux et se mordilla les lèvres. Elle voulait lui poser cette question, lui demander comment c'était possible qu'il connaisse ce chemin que seuls les habitants du coin connaissaient, pourquoi il était déjà venu, et quand cela s'était passé. Mais elle n'osait pas, tout simplement parce qu'elle n'avait pas le droit de lui demander des comptes, et que, de toute sa vie, elle avait toujours refusé de se justifier. Et elle appliquait ce principe à tous les hommes qu'elle rencontrait : ils devaient rester des anonymes jusqu'au bout. C'était le seul moyen pour elle de se protéger.

Le soleil avait suffisamment dardé la terre de ses rayons toute la journée pour qu'il fasse encore chaud et que la fraîcheur de la rivière continue de faire rêver Joan. Ils s'enfoncèrent finalement dans le mur de végétation qui entourait la rivière et la lumière passait à travers le feuillage des feuilles pour ne les éclairer qu'à moitié. Finalement le cheval s'arrêta et Clayton sauta à terre. Elle se laissa glisser du cheval pour tomber dans ses bras, le tout dans un silence qui en disait beaucoup plus que ce qu'elle ne s'autorisait à penser.


« Ça n'a pas changé, » souffla-t-elle finalement.


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MessageSujet: Re: It looks like love has finally found me [R.]   Ven 27 Juin - 20:46

Cela ne faisait que quelques semaines que Clayton était de retour à Mount Pleasant, et pourtant il lui semblait n’avoir jamais quitté la petite ville texane. Comme si le temps s’était arrêté lorsqu’il avait quitté la ville pour reprendre à l’instant même où il avait en franchit les portes, malgré les années écoulés. Les paysages n’avaient pas changé, tout comme les coutumes et la chaleur. Les après-midis étaient toujours caractérisés par ce soleil de plomb, empêchant parfois les habitants de travailler dans de bonnes conditions. Pourtant, malgré l’isolement et la rusticité de la ville, il n’aurait voulu être nulle part ailleurs. Ce court laps de temps lui avait permis de reprendre sa vie laissée en suspens, chose à laquelle il aspirait depuis longtemps déjà, mais sans le savoir. Et plus les jours passaient, plus il se rendait compte que ce mode de vie lui convenait au mieux, même le futur restait incertain, en tout cas pour lui, en partie à cause des raisons qui l’avait fait partir précipitamment. Mais il y pensait de moins en moins souvent, et toujours avec une inquiétude décrue, tout simplement parce que rien ne laissait penser que l’affaire puisse un jour éclater à la surface. Tout c’était tassé, et c’était pour le mieux. Presque au point de l’inciter à repartir de zéro ici, mais sans partir après quelques mois. L’idée lui effleurait quelque fois l’esprit, comme jamais auparavant.

Ce jour là, le ranch avait organisé une dance qui réunissait la plupart des employés et des habitants du village, si bien qu’un champ entier résonnait au rythme de la musique country et des champs guillerets, le tout dans une ambiance excellente. Comme toujours ou presque dans la région. C’était dans ce contexte qu’il s’était éclipsé dans un mot vers les écuries, en compagnie de Joan, pour tenir la promesse qu’il lui avait faite il y a quelques jours de cela. Et la raison pour laquelle il montait maintenant Shallow sans autre équipement qu’une bride, et faisait de son mieux pour ne pas prêter trop d’attention à la jeune femme assise juste devant lui, bien que ce soit loin d’être chose facile. D’autant plus qu’elle se retournait parfois pour lui lancé un de ses regards qui le déstabilisaient toujours au plus profond de lui-même, l’empêchant de penser raisonnablement. Ce n’était qu’un service qu’il lui rendait ou presque, il n’y avait pas lieu de s’emballer, et pourtant…

Inconsciemment, il avait quitté la piste principale pour s’engager pour un sentier désert, peu fréquenté mais qui était le moyen le plus rapide d’accéder à l’un des endroits les plus beaux de la rivière. Secret jalousement gardés par les habitants de la régions, mais il le connaissait depuis toujours. Sauf qu’il n’avait pas réalisé qu’il n’était pas sensé emprunter cet endroit, était considérer comme un étranger. C’était instinctif. Arrivés sous la voute forestière, là où le sentier se rétrécissait pour ne plus laisser passer la taille d’un cheval sous les feuilles qui tombaient jusqu’au sol, un légère pression des doigts fit arrêter sa monture, et Clayton sauta à terre, déterminé à aider la jeune femme: elle était légèrement plus petite que lui, et il était le cowboy: c’était son devoir. Voilà, c’était ce dont il devait se convaincre, que c’était son devoir. Mais lorsqu’elle ne fut qu’à quelques centimètres que lui, ses convictions s’envolèrent, et il dut se faire violence pour ne rien laisser transparaitre.


  « Pas du tout … » Tout était comme dans son souvenir, voir plus beau encore. Le bruit de la rivière était parfaitement audible, mais si doux qu’on doutait de sa réalité. Mais ce dont il se rappelait était différent, tout simplement parce qu’il venait toujours ici seul. En l’occurrence, se retrouver ici en compagnie de Joan était différent. Troublant, même s’il tentait de se convaincre du contraire.

Sans dire un mot, le jeune homme attacha sa monture à un arbre d’un nœud lâche mais solide, puis écarta la végétations pour permettre à la jeune femme de passer, et de quitter par la même occasion la pénombre dans laquelle ils se retrouvaient maintenant. Mieux valait quitter cet endroit assez vite, parce qu’il ne répondait plus du fil de ses pensées le cas échéants.

Ils émergèrent sur les bords de la rivière, qui coulait paisiblement au bord d’un étendue d’herbe, verte malgré la chaleur. Mais l’été n’était pas encore arrivé, et la végétation avait gardé sa couleur printanière, rendant le lieu encore plus beau qu’il ne l’était auparavant. Même si c’était difficile de le croire. Clayton s’avança de quelques pas, toucha l’eau du bout des doigts puis revint vers Joan en souriant:
« Tout ce chemin en valait le coup non ? » C’était précisément le genre d’endroit où on pouvait rester des heures sans avoir l’impression d’être là depuis plus de quelques minutes. Le genre d’endroit hors du temps, et pourtant on ne pouvait douter de sa véracité. Pour Clayton tout du moins, c’était le lieu le plus agréable de toute la région, et quelque chose lui disait qu’il en était de même pour Joan. Sans l’expliquer.



Après quelques instants de réflexion, il s’adossa à un arbre, et resta immobile, assis sur le sol. Il s’en fallait de peu pour qu’il ne ferme les paupières, mais la présence de la jeune femme l’en empêchait. Il ne pouvait tout simplement pas la quitter du regard, et chacun de ses gestes lui arrachait un sourire. Oui, il avait vraiment bien fait de lui proposer de venir ici, rien que pour le sourire qu’elle arborait en ce moment.

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MessageSujet: Re: It looks like love has finally found me [R.]   Lun 28 Juil - 15:31

Chaque fois qu’elle s’était rendue à la rivière, c’était toujours accompagnée de beaucoup de monde, de sa soeur, de sa meilleure amie, des connaissances qu’elle s’était faites au bar ou ailleurs. Ils avaient toujours réveillé la tranquillité de cette partie de la forêt en courant, en jouant à se jeter à l’eau et à s’arroser. Ces petites parties d’amusements enfantins avaient bien entendu leur charme et cette rivière restait à jamais emprunte de ces souvenirs joyeux et gais, qui ressemblaient si bien à l’image insouciante et frivole qu’elle cultivait de sa personne. Mais cette fois-ci, c’était différent. C’était calme et serein, exactement ce qu’elle aurait aimé être. Son regard glissa vers Clayton et s’arrêta sur lui, sur cette force tranquille qui ne perdait jamais pieds. Au fond, elle l’admirait d’être aussi posé et elle avait comme l’impression d’avoir besoin de lui ; il avait su comment l’apaiser lorsque les choses avaient paru s’envenimer avec la vache l’autre nuit. Il suffisait qu’elle soit à ses côtés pour que tout doute disparaisse de son esprit, pour qu’elle ait l’impression de ne pas être aussi ratée que cela. Elle l’admirait de ne jamais se laisser envahir par tout le mystère qui l’entourait. Car elle savait qu’il cachait quelque chose de rude au fond de lui, elle l’avait su tout de suite. Comme si elle avait lu en lui.

Elle traversa les fourrés et déboucha donc sur la berge, où il faisait plus clair et malgré tout beaucoup plus frais qu’au dehors. Joan croisa les bras sur sa poitrine et déambula distraitement dans le coin, comme pour redécouvrir cet endroit qu’elle avait déjà vu avec un autre visage, mais secrètement pour mieux apprécier ce changement d’ambiance, et aussi pour ressentir la présence de Clayton. Elle n’avait même pas besoin de le regarder ou de l’entendre pour savoir qu’il était là, c’était purement instinctif. Joan se sentait bien, utile, elle n’était pas perdue ou hésitante, et elle voulait profiter de ce sentiment. Mais, malgré tout, même si elle avait confiance en Clayton et si elle n’aurait pas hésité à lui confier sa vie, elle avait un peu peur qu’il lise cela en elle. Car elle n’était pas fière de ce manque de confiance, elle n’était pas fière d’être aussi peu accomplie et elle ne tenait pas la comparaison avec ce qu’elle savait de Clayton. Et puis, surtout, elle avait peur de le décevoir…

La jeune femme se retourna vers Clayton qui s’approchait d’elle et lui répondit avec un sourire,
« En effet… ». Son regard se perdit dans le vague encore quelques minutes, et elle vit que Clayton était parti s’adosser à un arbre. Elle le rejoignit alors et s’assit à côté de lui, le poussant à un peu se décaler pour qu’ils puissent tenir à deux contre le tronc d’arbre. Elle n’avait plus peur d’être proche de lui par contre, plus comme au début ou le moindre frôlement causait en elle un trouble qu’elle ne s’expliquait pas parce qu’elle n’avait jamais craint les contacts physiques. Au contraire même, elle se sentait vraiment bien contre lui.

« Dis moi Harper, commença-t-elle en penchant le visage vers lui, je suis pas bête, j’ai bien compris que Declan et toi vous êtes déjà venu par ici mais… »

Elle marqua une pause, et remit une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille.

« Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi vous agissez comme si vous étiez des étrangers. » Elle avait essayé de ne pas employer un ton agressif, mais le côté un peu indiscret de sa question le sous-entendait légèrement. Cependant, c’était avec un doux sourire qu’elle avait dit ça à Clayton. « Je me permets de te demander ça parce que… elle se mordit la lèvre, on est amis tous les deux, non ? »

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MessageSujet: Re: It looks like love has finally found me [R.]   Lun 28 Juil - 20:33

Il y a deux sortes de personnes qu’on peut être susceptible de rencontrer quand on est un nouveau venu en ville. D’un côté ceux qui qui vous accueillent chaleureusement sans chercher à vous chercher des ennuis, et les autres. Ceux qui voient d’un mauvais œil tout étranger à la petite communauté. Ceux qui considèrent comme dangereux quiconque ne montre pas patte blanche et ne vit pas en ville depuis plusieurs décennies. Malheureusement pour lui, Clayton avait été partit suffisamment longtemps pour voir son statut passer d’habitant à étranger, avec toutes les conséquences que celui pouvait impliquer. Il n’était plus propriétaire de rien, n’avait plus la réputation qui était la sienne lorsqu’il n’était âgé que de 18 ans. L’intégration naturelle au groupe de ranchers qui était innée aux enfants du pays avaient disparu lorsqu’il était partit, et il devait tout reprendre à zéro. Certain parlerait d’un nouveau départ, mais lui ne pouvait pas voir les choses de cette façon. Il savait juste qu’il était revenu là où il avait été élevé, sans savoir combien de temps il y passerait. Un mois, un an, une vie, comment savoir ? Mais le point positif était cette possibilité qu’il avait de se défaire des préjugés qui pouvaient exister, et surtout de pouvoir rencontrer des personnes qu’il n’aurait pas eu l’occasion de connaitre le cas échéant. Comme Joan. Qui les avait accueillit, lui et Declan, sans s’occuper des rumeurs ni de l’absence de renseignement à propos de leur identité. Elle leur avait donné en quelques sortes une seconde chance, et pour cela il lui était reconnaissant. Infiniment.

Adossé à son arbre, il semblait dans un état proche de la transe des bouddhistes qui étaient totalement en phase avec leur environnement. Oui, car Clayton était avant tout originaire de Mount Pleasant, et aimait les environs plus qu’il ne pouvait le décrie. Sa place était ici, et la rivière était un de ces lieux qui ne cessait de lui rappeler. Partager cet instant avec Joan était à la fois agréable et lourd de sens. Avec elle, c’était comme si retrouvait ce qu’il cherchait depuis toutes ces années, sans pour autant en être sur. Tout était simple, évident, inné lorsqu’elle se trouvait à ses côtés, et il ne pouvait l’expliquer. Cela lui paraissait normal de lui parler, de lui rendre service, de passer du temps avec elle. De river son regard sur elle.

Puis, la question fatidique arriva. Elle devait arriver, mais le plus tard aurait été le mieux. S’il n’en avait tenu qu’à lui, il aurait passé plusieurs heures ici, immobile et silencieux, juste en compagnie de la jeune femme en profitant du cadre exceptionnel dans lequel il se trouvait. Leurs bras se frôlaient à chaque fois qu’ils esquissaient le moindre mouvement, mais l’ambiance n’était pas la même que lorsqu’ils étaient dehors sur la route, en pleine nuit. Là, cela paraissait presque normal. Presque. Appuyant sa tête contre le tronc par petits à-coups, une séries de mimiques défilèrent sur son visage, exprimant toutes sortes d’émotions. Il pensa à s’en tirer par un boutade, esquiver le sujet, raconter toutes sortes de bêtises, puis finalement inspira un grand coup pour tourna enfin la tête vers elle. Il hésita pendant une petite seconde, puis se lança.
« Oui. » Il resta songeur une autre seconde. « On peut dire ça comme ça. »

Le moment était venu de tout lui raconter, en espérant toutefois que cela n’allait pas changer l’opinion qu’elle pouvait avoir sur lui. Ou plutôt, parce qu’il savait que cela changerait tout, il espérait qu’elle n’allait pas imposer une trop grande distance entre eux en sachant la raison de son comportement. Il n’était en aucun excusable, ne cherchait pas à fuir ses responsabilités. Mais elle lui apportait un plus qu’il ne saurait définir, et dont il n’avait jamais eu conscience d’avoir besoin. Redevenir un simple cow boy à qui elle signait le chèque en fin de mois .

« Ça se voit tant que ça ? Mais vous avez vu juste, on est déjà venu. » Il chercha ses mots un instant, s’efforçant de ne pas ciller quand les souvenirs de son passé lui revenait en mémoire, puis continua: « On n’en a jamais parlé entre nous, c’était un sujet qu’on avait implicitement décidé de ne pas aborder, mais je suis né ici. J’ai vécu et travaillé dans un ranch de la région jusqu’à 18 ans. »

Il parlait en regardant dans le vague, droit devant lui, les coudes appuyés contre ses genoux. Un instant, il croisa le regard de Joan, et haussa les épaules: « Il s’en est fallu de peu pour que rien ne change, et pourtant un soir, je n’ai pas eu le choix, j’ai du quitter la ville après avoir commis l’irréparable. »

Les paupières closes, il prit une grande inspirations, puis rouvrit les yeux et ramassa une brindille qu’il se mit à tresser pour s’occuper les mains. Et les yeux. Et l’esprit. Le moment le plus difficile était arrivé, parce qu’il devait lui avouer la véritable raison de son geste, de son départ. Cela ferait peut être de lui un monstre, mais il se devait d’être sincère avec elle. Même si cela était bien plus difficile qu’il n’aurait pu l’imaginer. Il serra le point, écrasant la brindille par la même occasion et continua, la gorge serrée en s’efforçant de ne pas laisser son émotion transparaitre.

« Son nom était Sarah. C’était ma sœur. Ma petite sœur en fait, et elle est morte quand j’avais 15 ans. Elle n’en avait que 11. Une maladie, et j’étais convaincu que j’étais responsable. » Ses propos étaient brefs, sa voix hésitante. Il se mordit la lèvre, puis il souffla presque inaudiblemment, comme pour lui-même. « J’aurais du la sauver. J’aurais du… »

Pendant un long moment, il resta silencieux. Parler d’elle était beaucoup plus difficile qu’il ne l’aurait cru. Et Joan était la première personne à qui, en fait, il en parlait. Jamais il n’avait parler de Sarah à qui que ce soit, pas même Declan. Sa culpabilité l’empêcher d’aborder le sujet, mais il sentait que c’était nécessaire qu’il lui dise maintenant. Il s’en fichait de ce que les autres pouvaient penser de lui, mais de ce qu’elle pensait, elle. Il fallait qu’elle sache la vérité avant de juger son acte.

« Je tenais à elle plus que tout. Et ça, toute la ville le savait. Alors, le soir où j’ai remporter plusieurs parties de poker à la suite, Troy Davies m’a provoqué en la dénigrant en même temps que moi. Et je ne sais pas ce qui m’a prit, j’ai cru devenir fou, mais je n’ai pas supporté qu’il parle d’elle comme ça. Il n’avait le droit. »

Son regard s’assombrit alors qu’il revoyait la scène comme si elle s’était déroulée la veille, puis marqua un nouveau long silence. Il ne savait pas comment ils en étaient arrivés là, à ce point de non retour, mais c’était ainsi. Se tournant de nouveau vers elle, encouragé par son regard, il continua.

« J’ai eu une réaction assez justifiée étant donné qu’il m’avait provoqué, mais si j’avais réfléchis une seconde, je n’aurais pas fait ça. Je l’ai frappé, comme l’aurait fait n’importe qui. Sauf que sa tête a heurté une table. Et il est mort. » Pause. « À cause de moi. »

Ressasser tous ces souvenirs étaient douloureux, mais pourtant était nécessaire. Bien qu’il ne doive rien à Joan, il se sentait obligé d’être honnête avec elle. Elle avait droit de connaitre ceux qui vivaient sous son toit, surtout avec un passé comme le sien. Et plus encore, il savait qu’il ne pouvait pas lui mentir. C’était juste impossible, après les moments qu’ils avaient passés ensemble, ils s’étaient rapprochés. Et on ne ment pas à ses proches sur des sujets aussi graves.

« Pour Declan je ne sais pas, mais j’ai tenté de laisser tout cela derrière en partant, en espérant que mon retour ne déclenche pas une vague de ragots. Pour le moment peu de personnes m’ont reconnu, mais cela risque de remonter à la surface un jour ou l’autre. Et je suis prêt à quitter le ranch quand ça arrivera, vous n’aurez pas à affronter cela parce que vous avez accepté de m’engager. »

Clayton n’en revenait pas d’avoir autant parlé, et un nouveau moment de silence s’écoula tandis qu’il continuait à tresser des brindilles d’herbes séchées par le soleil. Toute trace de sourire avait disparu sur son visage, conscient qu’il avait détruit méthodiquement l’ambiance que l’endroit avait réussit à créer pour eux.

« Vous savez tout. Et si vous préférez partir en courant, je comprendrais. Vraiment. »

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MessageSujet: Re: It looks like love has finally found me [R.]   Sam 16 Aoû - 14:49

Depuis ce premier soir au bar, elle n'avait pu détacher une partie de son esprit du mystère Clayton. Sans même s'en rendre compte elle y pensait, nuit et jour, comme fascinée par le silence autour de lui et l'étrangeté de ses agissements. Car même s'il se comportait comme un cow boy tout ce qu'il y a de plus normal, et un étranger parmi les habitants de Mount Pleasant, il y avait toujours cette petite lumière pleine de mélancolie dans son regard qui trahissait la présence de souvenirs rattaché à la bourgade. Et puis il y avait aussi cette petite lumière qui s'y allumait chaque fois qu'il se trouvait dans un lieu différent : le saloon, la plaine du ranch de Foster, la rivière... Comme si chaque pas qu'il faisait dans la région le rapprochait un peu plus de ses racines, de ses repères depuis longtemps perdus à cause d'années d'errance dans tout le Texas. Autant qu'elle, elle en était sûre, Clayton était un enfant du pays. Mais à la différence d'elle, il en était sorti, il avait voyagé et vu des choses, peut-être pour en oublier d'autres, mais voilà qu'il était revenu. La question était : pourquoi ?

Un peu honteuse d'avoir posé cette question indiscrète, un léger sourire orna son visage lorsqu'il émit quelques doutes concernant leur amitié. Elle avait choisi ce mot tout simplement parce qu'elle n'en trouvait pas d'autre, de plus précis. C'était le plus proche de ce qu'elle ressentait avec Clayton, mélange d'une confiance infinie, de la sécurité que sa présence lui apportait et bien sûr, du plaisir qu'elle avait à être avec lui. Plus que tout maintenant elle chérissait ces instants en sa compagnie, et elle n'imaginait plus vivre sans le mystérieux cow boy. Il lui apportait la paix et la sérénité dans sa vie chaotique et désordonnée. Elle avait eu l'habitude de vivre chaque jour à cent à l'heure. Ces moments passés avec lui étaient comme des pauses dans sa journée. Les secondes s'écoulaient avec la lenteur du soleil qui monte au zénith, et enfin elle parvenait à savourer le moment présent. Elle qui croyait vivre toujours dans l'instant, elle se rendait compte qu'elle s'était trompée. Elle n'avait eu de cesse de vivre les yeux bandés, le regard tourné vers le passé, vers cette gamine dont le seul rêve était d'être libre et de toujours vivre loin des contraintes et des responsabilités. Mais la solution n'était pas là.


« Pas tellement. Juste un peu, »
répondit-elle lorsqu'il lui demanda à quel point on pouvait voir qu'il était vraiment du pays. Pour le voir, il fallait en effet s'attarder dans les yeux de Clayton, jusqu'à percevoir cette étrange lueur. Joan l'avait fait. Plus que de raison.

Joan resta silencieuse et immobile en écoutant son récit. Elle attendait patiemment la fin de ses pauses, se contentant de le regarder, avec un peu de peine, certes, mais elle préférait le regarder ainsi plutôt que de rester froide et distante. Parce que malgré tout, Big Joe était sensible, et il fallait croire que l'histoire de Clayton la touchait d'autant plus qu'elle le touchait lui. Ses yeux se mirent à briller, non seulement à cause de son histoire, mais aussi parce qu'il était sincère avec elle, et que, hormis sa famille et sa meilleure amie, ce devait être la première fois que quelqu'un se confiait à elle. Parce que, justement, il la jugeait capable d'écouter, de comprendre. Il lui faisait confiance, autant qu'elle le croyait.

Elle resta silencieuse un temps de plus lorsqu'il eut tout dit. Son regard glissa vers le sol et s'attarda dans la contemplation des brins d'herbes alors qu'elle essayait de digérer tout ce qu'elle avait entendu, et de percevoir toutes les conséquences que ce récit pourrait avoir. Mais il avait fait la lumière sur lui et enfin, elle comprenait. Les nuages sombres qui obscurcissaient son regard parfois. L'acharnement qu'il mettait au travail. Sa droiture. Son sens de l'honneur. Son sens des responsabilités. La façon qu'il avait eu de la protéger lorsque le fantôme de Caine leur était apparu. Seule une chose restait inexpliquée : pourquoi s'était-elle tant attachée à ce cow boy, avant même de le connaître ? Et pourtant, même maintenant, elle ne regrettait rien.

La jeune femme prit une longue inspiration qu'elle rejeta en un soupir. Avec lenteur elle releva son regard vers lui jusqu'à croiser l'éclat vert de ses yeux.
« Il n'est pas question que tu quittes le ranch. » fit-elle sur un ton sans appel. « J'en ai rien à foutre des ragots. »

Elle sourit. « Pour le reste... Merci d'avoir été aussi sincère. »

Joan se tourna vers Clayton et se pencha vers lui. Avec douceur elle déposa ses lèvres sur la joue de Clayton avant de se redresser lentement. « C'était une bien triste histoire, » murmura-t-elle en gardant son regard rivé dans le sien, « mais elle ne me donne pas envie de m'enfuir. Loin de là. »

Elle se détourna de Clayton et s'adossa de nouveau au tronc d'arbre avant d'étendre ses jambes devant elle. Elle pencha légèrement la tête en arrière et son regard vint jouer dans l'entrelacs de feuilles qui s'étendait au-dessus d'eux alors que le calme retombait dans la clairière. Sans qu'ils ne s'en rendent compte la nuit était tombée sur Mount Pleasant et ils s'étaient retrouvés plongés dans l'obscurité, seulement éclairés par les reflets étranges de la lune sur la rivière. Après un moment, elle posa sans bruit sa tête sur l'épaule de Clayton en se blottissant un peu plus contre lui.

« Et si on rentrait ? » demanda-t-elle après quelques longues minutes, « il doit être tard. »

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MessageSujet: Re: It looks like love has finally found me [R.]   Dim 17 Aoû - 16:32

S’il fallait choisir un seul mot pouvant décrire Clayton en ce moment précis, il faudrait tirer à pile ou face entre les deux émotions contradictoires qui l’agitaient en ce moment précis. Equivalentes par leur intensité, mais pourtant contradictoires et paradoxales. Le feu et la glace se disputant la suprématie, même si la métaphore était trop grandiloquente pour quelqu’un comme lui. Malgré tout, toutes deux avaient un seul point commun. Joan. S’il était à la fois anxieux et soulagé. Tendu mais également libéré d’un poids. Et si cela ne concordait pas de ressentir tout cela à la fois, et que tout soit comme par enchantement relié à la jeune femme, il n’en pouvait rien. S’il était anxieux, c’était parce qu’il lui avait tout dit. S’il était soulagé, c’était aussi puisqu’il lui avait tout dit. Parler l’avait certes libéré du poids du secret pesant sur sa conscience, mais maintenant, il ne savait si cela allait faire voler en éclats son univers ou non. S’il était tendu, c’était parce qu’il attenait sa réaction. Et le mot était exact, puisqu’on aurait dit qu’il se trouvait sur la corde d’un arc, soudainement raidit. Sa tête n’effleurait plus nonchalamment l’arbre sur lequel il était appuyé, et les muscles de ses avants bras était plus saillants qu’à l’ordinaire, accusant la crispation que sa révélation avait engendrée.

Pourtant, Clayton ne regrettait pas qu’elle lui ait posé cette question. Même si cela pouvait très bien bouleverser son équilibre précaire dans cette ville, il s’en était déjà bien assez voulu de ne pas être totalement sincère avec elle. Puisque ce qu’il ressentait pour dépassait la simple relation entre un cow boy et celle qui l’employait. Et si elle occupait la moindre parcelle de ses pensées en ce moment précis, et une place prépondérante le reste du temps, c’était parce qu’il savait que sa réaction pouvait avoir une influence plus grande que ce qu’il pouvait imaginer. Un refus l’exilerait une seconde fois sans retour possible, et alors qu’une acceptation, et bien, serait le point de départ de quelque chose de neuf.

Alors, il attendait, sans rien laisser paraitre de son trouble. La balle n’était plus dans son camp, il l’avait lancé de toutes ses forces avec une révélation semblable à une explosion atomique dans un paysage serein, et il savait qu’il ne pouvait rien faire de plus. Ni s’excuser. Et encore moins assumer. Alors il restait muet, focalisé sur elle, guettant la moindre de ses paroles, le moindre mouvement qui trahirait ce qu’elle ressentait.

Enfin, elle releva les yeux. Et lorsque leurs regards se croisèrent, il eu la certitude absolue qu’elle ne lui en voulait. Et surtout, qu’elle ne le jugeait pas. Il n’y avait pas la moindre trace d’accusation dans ses yeux, seulement la même lueur optimiste teinté de fermeté qu’elle avait lorsqu’elle s’adressait aux hommes. Un léger sourire étira la commissure de ses lèvres quand il saisit le sens de ces paroles. E,n d’autres termes, elle n’en avait que faire de ce qu’il avait pu faire, et il lui fut reconnaissant de ne pas chercher à savoir s’il avait eu raison ou tord. Elle avait accueillit ses révélations tel quel, comme on écoute un ami dans le besoin.
« C’était normal, je n’allais pas déformer la réalité. C’aurait été aussi inutile que stupide. »

Il marqua une légère pause, craignant que les battements de son cœur ne le trahissent lorsqu‘elle approcha lentement son visage du sien: « Content de l’apprend. » Sa voix n’était qu’un murmure, et il ne détourna les yeux que lorsqu’elle s’installa plus confortablement, sans quitter le sourire en coin qui était apparut lorsqu’elle lui avait confié de ne pas se préoccuper de ce qu’on pouvait penser. Il avait tourné la page sur cette partie de sa vie après tout.

Longtemps, sans qu’il ne soit pour autant capable de donner une notion du temps écoulé, ils restèrent là, profitant de la beauté du lieu et de la présence de l’autre. Rien de plus. Savoir Joan blottie contre lui suffisait à le rendre heureux, tout le doux bruit de l’eau ruisselant à quelques mètres de là. Mais, sans qu’ils ne le réalisent, la nuit fut là. Cillant plusieurs fois de suite, il se tourna légèrement vers Joan, et acqueça d’un signe de tête:
« Probablement … Et ils risquent de s’inquiéter si tu ne rentres pas. »

Il ne s’était même pas rendu compte de l’avoir tutoyer. Comme si le moments qu’ils avaient passé l’avait autorisé à faire un pas de plus vers elle, alors que jamais auparavant il ne se le serait autorisé. Clay sauta alors sur ses pieds, puis tandis la main à a jeune femme pour l’aider à se relever. Alors, après un long moment passé à contempler l’éclat de la Lune sur la rivière, ils rejoignirent le cheval de Clayton qui attendait patiemment à l’orée des arbres.

« Les dames d’abord ! » Une courbette exagérée et horriblement gauche plus tard, il aidait Joan à monter sur le dos de sa monture, avant de se placer derrière elle, d’un saut ne cachant rien de son expérience dans le domaine. Sans ajouter un mot, le cow boy s’empara des rênes, et fit faire volte face à sa monture. Ils chevauchèrent ainsi en silence, tantôt au trot, tantôt dans un galop rapide lorsqu’ils traversaient les champs vides de toute personne, tous étant rentrés chez eux. Enfin, leur cavalcade prit fin. Le ranch se profilait à l’horizon, marquant la fin de leur soirée ô combien révélatrice. Avec un léger soupir, Clayton arrêta de le cheval au beau milieu de la cour, et resta immobile une petite seconde, avant de se pencher légèrement vers elle: « Nous y voilà … » Une imperceptible lueur de déception dans les yeux, il lâcha les rênes avant de sauter à terre et d’aider Joan a descendre. De la même manière que quelques heures auparavant, lorsqu’ils étaient arrivés à la rivière. Après avoir attaché sommairement l’étalon à un poteau trainant par la là, il se retourna vers elle, immobile, à deux pas de la porte conduisant à sa maison. Il aurait voulu la retenir un instant de plus, dire quelque chose d’intelligent et de spirituel, mais sa révélation l’avait rendu encore moins loquace que d’ordinaire.

Alors, faisant fit de la raison qui lui dictait de tourner les talons sous les banalités d’usage, il s’approcha au contraire un peu de Joan. Toujours sans un mot. Son visage frôlait presque le sien, ses yeux étaient rivés dans ceux la jeune femme, guettant la moindre marque de refus. Qui ne vint pas. Levant lentement la main, il écarta la mèche blonde qui lui barrait le visage, avant de l’attirer vers lui et poser ses lèvres sur les siennes. Le tout ne dura qu’une seconde, peut être deux, mais il ne savait si cela lui paraissait des heures ou si ce n’était qu’un fruit de son imagination. Théorie réfutée par les battements désordonnés de son cœur. Encore surpris de son audace, il baissa les yeux, et ne les releva que pour lui murmurer, confus.
« Je suis désolé … Je n’aurais pas du. »

Il recula d’un pas, près à tourner les talons, puis se ravisa. Une seconde, il hésita, le regard rivé dans celui de Joan, puis lui déposer un léger baiser sur les lèvres, avant de tourner les talons en marmonnant: « Bonne nuit … Je … A demain. »

Il ne se retourna pas, mais son visage était animé de nombreuses mimiques, plus étranges les unes que les autres, et il ne pouvait s’empêcher de serrer et desserrer le poing. A coup sûr, il ne réalisait pas bien ce qu’il venait de faire. Mais il savait toutefois qu’elle ne regrettait pas, malgré ce qu’il avait dit. Loin de là.

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MessageSujet: Re: It looks like love has finally found me [R.]   Lun 18 Aoû - 15:51

A regrets elle saisit la main de Clayton pour se relever et quitter cet endroit au charme inexplicable, qui la fascinait et l'attirait à peu près de la même façon que Clayton n'avait cessé d'exercer sur elle une puissante attraction qui ne trouvait de justification nulle part ailleurs que l'éclat de ses yeux verts. Ils restèrent encore quelques minutes à regarder la rivière, comme pour s'assurer que ce tableau resterait intact dans leur esprit, comme pour donner au moment qu'ils venaient de vivre suffisamment de durée afin qu'il ne soit jamais aussi insignifiant qu'un éclair de lumière. Clayton aida Joan à remonter sur Shallow et un frisson la parcourut lorsqu'il se fit sentir derrière elle et qu'il l'encadra de ses bras pour s'emparer des rênes. Même si elle avait agit comme lui de la même façon qu'avec n'importe qui d'autre, le toucher, le sentir déclenchaient chez elle des réactions qu'elle ne contrôlait pas.

Comme ils chevauchaient à vive allure, elle se cala un peu plus contre lui et il dut presque poser la tête sur l'épaule de la jeune femme. Un petit pincement au coeur marqua leur arrivée au ranch et les yeux de Joan se teintèrent d'une légère mélancolie alors qu'elle tombait dans les bras de Clayton pour toucher terre ensuite. Elle bafouilla un timide « merci » avant de pencher le visage en avant et de fixer ses bottes, le temps qu'il attache le cheval quelque part. Elle sentait qu'elle avait envie que la soirée se prolonge, mais elle savait que ce ne serait pas le cas. Ses rencontres avec le cow boy avaient toujours été riches en sentiments et en émotion mais elles ne semblaient jamais déboucher sur quelque chose de concret, autre que leur amitié et que le respect et la confiance qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Ils avançaient à petits pas, mais au moins ils avaient la certitude de ne jamais reculer car chaque fois qu'ils se voyaient seul à seul, leur relation avait progressé sur le terrain de ce que l'on pourrait appeler « familiarité ».

Clayton revint vers elle et une fois qu'il fut à son niveau ils prirent la direction de la porte d'entrée qui donnait directement sur la chambre de Joan – il est fréquent que les maisons de plain-pied offrent plusieurs portes d'entrées dans diverses pièces de la maison. Une fois juste devant le panneau de bois, Joan se mordit les lèvres, ne sachant trop comment conclure cette soirée et ce qu'il convenait de dire à Clayton - « Merci de cette soirée, bonne nuit. » « J'ai adoré aller avec toi à la rivière, j'espère qu'on y retournera. » « Je n'en ai pas l'air comme ça, mais ton histoire m'a bouleversée et je crois que je tiens à toi encore plus. » « J'aurais aimé ne pas avoir à rentrer. » « Je tiens beaucoup à toi Clayton, vraiment. » « J'aime tellement cette façon que tu as de me regarder, regarde-moi encore... »

Les battements de son coeur s'entrechoquèrent lorsqu'il se pencha vers elle, et elle resta immobile et muette, ses yeux suivant le mouvement de sa main sur son visage avant de se diriger vers le visage même de Clayton, avant de se fermer alors qu'il posait ses lèvres sur les siennes dans un baiser d'une simplicité extraordinaire... Elle n'eut pas le temps de l'enlacer qu'il s'éloigna d'elle et elle se pinça les lèvres, ne sachant non plus que dire. Ses genoux lui semblaient être en coton et la flamme d'insolence dans ses yeux s'était mise à vaciller.


« Non, non il faut pas... » parvint-elle seulement à chuchoter avant qu'il ne l'embrasse furtivement une seconde fois.

Les bras ballants, elle resta là à le regarder s'éloigner. « Embrasse-moi, je n'attends que ça... » Puis elle prit une longue inspiration qui s'échappa ensuite en tremblant de ses lèvres, à l'image de son coeur qui palpitait et de ses genoux qui étaient prêts à se dérober sous elle. Quand enfin il eut disparu à l'intérieur des dépendances alloués aux cow boys, elle se retourna et ouvrit la porte de sa chambre. Elle hésita quelques secondes, dans l'encadrement de la porte, puis finalement referma la porte derrière elle et alluma la lumière.

« Embrasse-moi encore... »



[TOPIC TERMINE]

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