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 raise your glass__ R.

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Jill Rosbrough
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MessageSujet: raise your glass__ R.   Sam 20 Nov - 4:26




« Merci Charlie! »

Dix-huit heures trente. Le saloon de Mount Plaisant était encore relativement vide à cette heure-ci. Les cow-boys et autres clients du bar étaient encore aux ranchs et les fonctionnaires de la ville se la coulaient douce auprès des premiers feux de cheminées de l'année. Lorsque son père, le shérif de la ville, la surprit encore au commissariat, il lui ordonna -de chef à employé- de rentrer chez elle. Et elle détestait ça. Son père, lui faisant des remontrance comme lorsqu'elle était petite, ne comprenait pas pourquoi elle se mettait en colère lorsqu'il lui demandait d'aller se reposer.Même si elle ralait, à dire vrai, cela la libérait. Jill avait passé près de quarante-huit heures au poste -trente-six pour être exact- et attendait LE salut qui lui ferait quitter cet enfer de pierre, empestant la sueur des policiers de la ville -qui ne semblaient pas connaître le mot douche- et le renfermé -plusieurs fenêtres étaient bloquées dans leur socle.

Rapidement, elle s'installa au bar après avoir donner son manteau à l'une des serveuses aguicheuse qui avait l'habitude de voir Jill. Le barman -et chef de l'établissement- arriva près d'elle et, en lui servant son habituelle bière -premier alcool de la soirée- il lui dit.
« Tu pourrais foutre ton arme ailleurs, gamine, si une fusillade venait à détruire mon bar, je te ferai passer un sale quart d'heure ! » Jill lui fit un grand sourire et, en levant la bouteille à sa santé elle lui répondit, enjouée. « J'ai pas confiance dans ton boui-boui... » Tout en buvant une gorgée, et pour emmerder ouvertement le tenancier, au lieu de le laisser dans l'étui à bretelles qui le gardait près de son coeur, elle le rangea à l'arrière de son pantalon. Bien que sa chemise séparait l'arme à feu de sa peau, le contact glacial de son jouet la fit frissonner. Mais elle ne perdit aucunement son sourire. « Ce saloon est un repère de malfrats et d'alcooliques » Il esquissa un sourire ironique. « Content que tu prennes enfin conscience de ta situation ! » Puis, après avoir frapper son comptoir avec sa main, il se retira, pour aller accueillir un nouvel arrivant qui s'installait à une table.

Jill attrapa le téléphone portable qu'elle avait dans sa poche et composa automatiquement un numéro. Le regard vide, elle savait parfaitement que personne ne décrocherait le combiné, à l'autre bout du fil. « Bonjour, vous êtes bien sur mon répondeur mais, pas de chance, je ne suis pas disponible ! Laissez-moi un message et à tout bientôt ! ». Bip. La voix de Katie stoppa à la fin du message 'test' de son répondeur. A travers ce message, sa sœur était réelle. Presque vivante. C'était une habitude que Jill avait prise une semaine après la mort de cette dernière. Elle écoutait sa voix, une fois le soir venu, pour ne pas oublier la douceur et la candeur qu'elle employait en s'adressant à quelqu'un. Ses parents n'étaient pas au courant qu'elle avait décidé de garder le portable de sa défunte jumelle et qu'elle continuait à payer un abonnement qu'elle n'utilisait même pas juste pour pouvoir accéder à cette boîte vocale. S'ils venaient à l'apprendre, eux qui avait donné toutes les affaires de leur fille par dépit, ils seraient certainement outré. Elle entendait parfaitement la voix grelotante de sa mère la sermonnant à propos du repos des morts et qu'il fallait les laisser en paix ! Ce n'était pas comme si elle allait au cimetière avec une pelle pour déterrer toutes les cinq minutes le cercueil de Katherine, tout de même ! Ils ne comprendraient pas.

C'est à ce moment là qu'un homme vint s'asseoir près d'elle et la fit sortir de ses pensées un peu trop brusquement.
« En parlant de délinquants... » Grayson Locksmith venait de la rejoindre. Jill pensait que cette nuit en cellule l'aurait calmé et qu'il l'aurait laissé en paix. « Qu'est-ce que vous faites là ? ». C'était peine perdue.

Spoiler:
 
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Grayson Locksmith
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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Lun 22 Nov - 3:02

We're both looking for something
We've been afraid to find
It's easier to be broken
It's easier to hide


Appuyé contre le billard principal du Dead Coyote, Grayson concentrait son attention sur ses adversaires, sans aucun intérêt pour le capharnaüm qui régnait autour d'eux. Piètre joueur de poker, le jeune Locksmith se rattrapait largement lors des parties de billards qu'il gagnait à tour de bras. En face de lui, deux hommes répondant au patronyme de Foxwood. Il les rencontrait souvent dans les alentours et se donnait pour mission de les battre dès qu'il en avait l'occasion. C'était un rituel que pas mal d'habitués respectés. Si le billard était déjà occupé, il n'était pas rare de voir les joueurs laisser la place. Préférant éviter les conflits frontaux, Grayson et ses fameux Foxwood avaient pour habitude de régler leur problèmes de testostérone débordante autour d'un jeu qui demandait concentration et talent. Le billard était donc l'une de leur option.

Alors qu'il cherchait à concentrer tout ce dit talent dans un même mouvement, Grayson fut surpris par la soudaine musique que cracha le jukebox poussiéreux du fond du bar. Cette vieillerie n'avait pas fonctionné depuis des lustres. Soir après soir, des cow-boys mal-lunés et peut-être un peu trop alcoolisés, s'entêtaient et essayaient de le faire fonctionner par tous les moyens, mais sans succès. C'était une décoration plus qu'une cage à musique. Et pourtant, malgré toutes ces années et son état déplorable, il venait de cracher une musique si forte et si soudaine que l'entièreté du bar avait sursauté.


« Forcément faut qu'il se réveille avec de la musique des années disco celui-là. » Grogna t-il tout en levant la main pour interpeller le serveur/propriétaire/alcoolique derrière le comptoir. A l'aide du très fameux signe de tête signifiant "ressers-moi la même chose", Grayson se fit préparer un scotch nécessaire pour sa victoire et pour supporter la fin de soirée. Sans un mot de plus, il rallongea une partie de son corps contre la table de billard, et ajusta minutieusement son regard sur la dernière boule rouge encore présente. Quelques secondes plus tard le coup partait, la boule tapait contre deux des rebords en bois avant de suivre naturellement le chemin qui lui était prédestiné. Se redressant, un sourire victorieux aux coins des lèvres, Grayson tendit les mains pour recevoir l'argent parié en début de match. Trop occupé à percevoir ses impôts personnels, il n'entendit pas la porte battante du saloon s'ouvrir, et ne vit pas la silhouette blonde qui le hantait depuis plusieurs jours traverser la pièce.

Après les salutations de circonstances lorsqu'on vient de plumer une famille adverse, Grayson oublia le billard et ces agréables souvenirs pour s'en aller vers le comptoir, où de tout nouveau moment l'attendait. Son scotch apparut rapidement devant ses yeux, et d'un traite il le vida. Le verre vint claquer contre le bois lustré du bar ce qui, une nouvelle fois, rendit fou le gérant.


« Tu pourrais faire attention Locksmith. C'est pas toi qui l'nettoie ce bar. »
« Parce que tu appelles ça "nettoyé" toi... »
« On en reparlera le jour où tu feras autre chose que plumer des gars et couper du bois. »

Sans prêter plus d'attention à Grayson, le gérant vaqua à ses occupations et au au groupe de client qui venait de pousser la porte. Il avait beau être mal fréquenté, pas très propre et des plus bruyant, ce saloon affichait toujours complet. Il y régnait une ambiance particulière, lourde mais quelque part accueillante. Chaque cow-boy qui rentrait ici trouvait compagnon de jeu, que ce soit pour un poker, un billard ou une bière. Les ragots fusaient également de table en table, surtout lorsque les femmes envahissaient l'espace. Car il n'y avait pas que des hommes. Cette époque où seul les mâles buvaient comme des trous était bel et bien révolue. L'égalité homme-femme n'était nulle part aussi flagrante. Le verre désormais vide, les poches désormais pleines d'argent, Grayson n'avait rien d'autre à faire qu'observer les couples se faire et se défaire sous l'effet de l'alcool. Tournant la tête vers la gauche, il tomba finalement nez à nez avec Jill Rosbrough, la dernière femme ayant pointé une arme sur lui (et lui ayant d'ailleurs tiré dessus).

« Délinquant, délinquant, c'est pas moi qui tient un flingue dans mon dos. » Un sourire narquois plaqué contre son visage, il ne quitta pas la jeune femme des yeux, espérant la titiller encore un peu ce soir. Clairement, la rendre folle était devenu l'un de ses passe-temps favoris. Depuis leur rencontre, elle le hantait. Mais pas de manière romantique. Bien au contraire. Elle le rendait fou. Elle jouissait de ses pouvoirs de shérifs, utilisait son arme à tort et à travers, pénétrait dans son ranch, le mettait derrière des barreaux en un claquement de doigts. Et quelque part, si son père ne lui avait pas donné l'ordre de se rapprocher d'elle... et bien, il aurait tout de même trouvé le moyen de la recroiser.

« Je gagne de l'argent. Et je dépense de l'argent. » Répondit-il tout en cherchant du regard le serveur. « D'ailleurs en parlant de ça... » Il n'attendit pas plus longtemps et s'éleva au-dessus du comptoir pour attraper une des bouteilles qui trainait derrière.

« Vous avez déjà goûté de la vodka avec du thé ? » Il la gratifia d'un sourire malicieux tout en secouant légèrement la bouteille. « Il est l'heure de vous dérider shériff. »

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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Mer 24 Nov - 0:41

Un début de sourire se forma à la commissure de ses lèvres. Jill, après avoir décalé sa chaise vers Grayson, s'accouda au bar. Elle haussa les épaules lorsqu'il lui fit remarquer que lui n'arborait pas fièrement son arme dans les lieu publics. « Si vous connaissiez les manies des joueurs de poker, je suis certaine que vous en feriez de même ». Puis, en buvant une nouvelle gorgée de son alcool, elle songea à leur rencontre. Ce n'était pas réellement une rencontre. Jill s'était introduite sur la propriété de l'aîné Locksmith sans même s'en rendre compte, alors qu'elle poursuivait une forme étrange dans la nuit. Mettez Jill, en pleine tournée nocturne, qui avait la sincère impression que quelque chose n'allait pas, et vous obtiendrez forcément une jeune femme nerveuse qui, au moindre bruit suspect -dans le cas de Grayson, cet imbécile avait chargé son fusil afin de chasser l'intruse-, tirait sur tout ce qui bouge... Certes, ce n'était pas une excuse. Jill savait parfaitement qu'elle n'aurait pas du tirer mais décliner son identité et ordonner à l'éventuel suspect de mettre les mains en l'air... Mais le prblème n'était pas là. Elle était perdue ce jour-là : quelques heures plus tôt, une masse invisible l'avait plaqué à terre et avait tenté de la tuer. Jill avait même envisagé la folie... Mais la légende de Caine l'empêcha d'aller directement s'autoproclamer aliénée mentale... même si Caine fournissait déjà un beau motif d'internement.

« Mais votre piètre réputation au poker vous précède » Le regard de Jill pétillait. Certes, la fatigue se faisait ressentir. Elle avait envie de rentrer. Mais... il y a toujours un 'mais'. Bien qu'elle ne pensait pas exactement passé sa soirée bar avec Grayson, elle se disait qu'une bonne soirée passée loin de chez elle, de ses doutes concernant Grace, lui ferait du bien. De plus, Charlie savait parfaitement que lorsque Jill l'appelait pour lui signaler qu'elle allait au D.C., elle ne rentrerait par avant minuit, voire plus... Et puis, Grace devait allait chez ses grand-parents ce soir. Sa cousine ne resterait pas cloîtrée devant une télévision ce soir. Alors que ce soit Grayson Locksmith ou le gérant du Dead Coyote, peu lui importait.

« Je gagne de l'argent. Et je dépense de l'argent... » Jill reporta son attention sur le jeune homme. « Et on dit que les femmes sont plus flambeuses que les hommes... » Elle fut étonnée de le voir prendre une bouteille placée derrière le comptoir du bar, sans la moindre gêne. « Je vous admire... je n'avais encore jamais vu personne oser toucher aux réserves de ce vieux fou... chapeau ! » Lorsqu'il lui demanda si elle avait déjà goûter à la vodka au thé, elle n'osa pas répondre positivement à la question. Il avait tellement sûr de lui en pensant qu'elle n'y avait jamais goûter, le regard rempli d'une certaine fierté, qu'elle n'avait pas le cœur de lui briser 'son rêve' alcoolisé. Elle haussa donc les épaules. « C'est l'heure de vous dérider, Shérif ! » Jill attrapa à son tour deux verres uniquement utilisés pour les shots d'alcool forts de derrière le comptoir -et oui, maintenant qu'elle avait vu quelqu'un faire, elle ne se gênerait plus pour rendre encore plus nerveux le gérant du bar- et les posa avec volonté sur le comptoir. Grayson versa le liquide dans les deux verres, et sans même attendre qu'il ait prit le sien en main, elle avala cul-sec l'alcool incendiaire de son verre. Une grimace passa sur son visage, furtivement, pour être remplacé par un énorme sourire de compétition. Son interlocuteur la fixait d'un drôle d'air.

« On parie que vous serez saoul bien avant moi, Grayson ? » Il voulait la dérider. Elle voulait voir jusqu'où il pourrait la suivre... « Où vous avez peur de vous prendre une tôlée par une femme ? »
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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Mer 24 Nov - 12:09


Sans prêter grande attention à ses remarques (véridiques) sur ses malheureuses parties de poker, Grayson préféra s'occuper de son verre et du liquide ambré qui trônait royalement dedans. Il n'y avait rien de pire que de se retrouver dans un bar en compagnie d'un verre vide et d'un gérant mal luné et trop occupé pour satisfaire chacun de vos appels. C'était bien la pire des compagnies. Même une Jill Rosbrough convenait dans ce genre de situations. « Vous connaissez l'angoisse de la page blanche Shériff ? »Portant sur son visage l'expression des écrivains en panne d'inspiration, Grayson prit la peine de jeter un rapide coup d'œil autour de lui, histoire de ne pas alerter inutilement le propriétaire. Bougre comme il était, il serait arrivé en courant, aurait frappé Grayson avec la bouteille tout en l'accusant de l'avoir volée. Et pas sûr que la shérif le défende. Elle serait plutôt du genre à l'accabler, juste pour avoir le privilège de revoir son visage derrière des barreaux quelques heures supplémentaires. « Et bien j'ai l'angoisse du verre vide. » Un sourire amusé s'étira le long de ses lèvres contrastant largement avec la mine figée figée qu'il arborait quelques minutes plus tôt.

« Saoul avant vous ? » Il la considéra d'un oeil interrogateur. Entre une mine amusée et offusquée, il dodelina de la tête prêt à voir ce dont elle était capable. Elle voulait une compétition. Elle en aurait une. Peu de femmes lui avait tenu tête récemment. Sa dernière relation aussi tumultueuse remontait à trois ans. Entre Jill et Grayson se posaient les même bases qu'entre Sawyer et lui, au début de leur histoire. Beaucoup de compétitions, beaucoup de prises de becs futiles mais divertissantes. « Comme le disent les français : l'espoir fait vivre. » Avec un accent aussi misérable que ses victoires au poker, il gratifia la jeune femme d'un sourire de circonstances, frappant dans ses mains pour attirer l'attention de plusieurs habitués.

« La première tournée est pour moi. » Des applaudissements fusèrent, de cris de joie éclatèrent et bientôt une ligne entière de verres pleins s'étalait sur le comptoir.

« Profitez du voyage shériff... » Furent les derniers mots dont il se souviendrait pleinement le lendemain.

Il n'avait pas prévu de boire autant ce soir-là. Il voulait simplement prendre contact avec Jill, pour se rapprocher d'elle. Il voulait sympathiser, compatir, lui montrer qu'il avait pas mal de points communs. Il voulait créer un lien. Mais il n'avait jamais pensé aux conséquences de l'alcool sur lui. Il ne supportait pas la vodka. La vodka le rendait bavard. Et sincère.







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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Mer 24 Nov - 13:59

« Je connais ça aussi, Locksmith! » Jillian se mit à rire en voyant Grayson tenter de parler français. Elle n'avait aucune notion de français mais en écoutant l'accent qu'il employait, elle se dit que lui aussi, il avait du mal avec cette langue vivante. « Je pense surtout que vous faites honte aux mangeurs de grenouille... » Rares étaient les clients offrant des tournées aux clients du bar. L'ovation que firent les cow-boys à Grayson fit lever les yeux de Jill au ciel. Elle n'en perdit pas pour autant son sourire, le comportement 'm'as-tu vu' de Grayson l'amusait plus qu'autre chose. Son côté révolutionnaire n'appréciait guère le côté macho de Grayson mais puisque Monsieur payait, pourquoi Jill commencerait à revendiquer l'égalité des sexes dans ce saloon à majorité masculine ? Mais ces dames envahissaient de plus en plus leur espace... c'était sa revanche personnelle.

La jeune femme attrapa un nouveau verre et jeta un coup d'œil vers le gérant du bar qui affichait une mine dépitée. Il détestait ne pas contrôler la situation, et ça, Jill le savait. Mais elle n'était pas de service, elle se fichait bien des réclamations qu'il lançait de part et d'autres du bar. La shérif adjointe attrapa son arme et la rangea finalement dans son étui, espérant ainsi qu'il ne viendrait pas de leur côté pour déverser sa verve ironique. Elle voulait être tranquillement installée sur ce tabouret, siroter autant de verres que Locksmith lui proposerait, et, bien qu'elle sache pertinemment qu'elle serait la plus performante à ce jeu-là, elle voulait voir ce dont il était capable. Soupçonneuse dans l'âme, elle espérait lui faire dire la raison pour laquelle il se montrait si docile, cherchant à attirer son attention, depuis qu'elle l'avait enfermé en cellule l'autre soir.


« Bien, je profiterai donc du voyage que vous me proposez... » Afin de faire durer le plaisir, elle ne but pas totalement ce second verre aussi rapidement que le premier. Il devait bien la rattraper dans le quota de boisson qu'elle s'était déjà envoyé -certes, pas grand chose, mais cette petite bière lui donnait un 'point' d'avance dans cette voie sur laquelle il la lançait. « Je ne sais pas pourquoi vous êtes moins pointilleux dans votre quête de me faire subir votre colère mais je vous en remercie... » D'ailleurs, elle jeta un œil vers l'oreille cicatrisée du jeune hommes et après fait une moue rassurante, elle lui lança « Ne vous en faites pas, dans un an ou deux, on ne verra presque plus rien... » Jill termina ce nouveau verre et après l'avoir retourné près du premier, elle croisa ses bras contre sa poitrine et se mit à faire pivoter son siège vers la salle. Son dos s'adossait au comptoir et, aussi étonnant que cela puisse paraître, il était fait de telle sorte qu'il trouvait aisément sa place contre le bois de ce dernier.

« Vous faites quoi dans la vie, Grayson ? » Voilà. Elle se mettait à le questionner. Elle ne perdait pas son expression détendue mais elle savait qu'elle commençait à l'emmener vers un interrogatoire qu'elle espérait contrôler du début à la fin. « Emmerdeur professionnel ? Fils à papa? » Elle attrapa finalement son verre retourné et le lui tendit, lui faisant clairement comprendre que c'était à lui de le remplir.
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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Jeu 25 Nov - 0:50

« Je n'emmerde jamais les gens passée une certaine heure et dans certains lieux. » Dodelinant de la tête, il laissa s'écouler quelques secondes avant de reprendre, une large sourire aux coins des lèvres. « C'est un code de conduite. » Après avoir descendu un énième de verre, celui-ci finit sa trajectoire sur le comptoir du bar, dans un violent bruit de fracas. Grimaçant, Grayson leva la main pour s'excuser à l'avance auprès du gérant qui regrettait, ce soir plus que d'habitude, d'être responsable de ce saloon. Ce n'était certainement pas le mieux fréquenté, ni le mieux tenu, mais c'était un point de rendez-vous incontestable pour de nombreux cow-boys/girls esseulés. Sans raison apparente, ce saloon attirait de plus en plus de clients chaque soirs. Aux habitués se mêlaient de nouvelles têtes qui ne tardaient jamais à se faire accepter. Sans faire partie des vieux habitués, il arrivait à Grayson de s'y arrêter, mais jamais très longtemps. Il n'était pas un alcoolique dans l'âme. Il avait beau se revendiquer en tant que tel, il n'avait rien d'un David Hasselhoff.

« Graaaaaaayson, mon aaaaaami, tu me ressers un veeeeeeerre. » Une main transpirante claqua contre son épaule tandis qu'une haleine à faire vomir le monstre du Lochness vint embaumer l'oxygène qu'il essayait désespérément de respirer. Considérant d'un regard suspect l'homme, ou plutôt le déchet qui venait grossièrement de lui "taper l'amitié", Grayson recula son visage et leva les mains vers le ciel. « Désolé l'ami - il insista lourdement et ironiquement sur le terme - mais j'ai bu tout mon argent. » Si les verres s'enchainaient à travers sa gorge, Grayson gardait le splendide talent de pouvoir garder une voix sobre et solennel en toutes circonstances. L'homme fronça les sourcils et rit à gorge déployée avant de s'écrouler sur le sol, en étoile de mer. Hochant de la tête et lâchant un "hum" dépassé, Locksmith se retourna vers Jill qui avait grandement apprécié la scène. Avant même qu'il n'ait eu le temps de soupirer, voilà qu'elle se lançait dans un interrogatoire subtil mais tout de même même détectable à cent kilomètres.

« ... - fils à papa ? » Cette expression résonna dans son esprit. L'espace d'un instant, des ces dizaines d'images lui traversèrent l'esprit et grisèrent sa mine jusque là enjouée. Rapidement, il effaça ce regard attristé de son visage, ne laissant pas le temps à Jill de l'apercevoir. Elle était bien trop occupée à tendre son verre telle une droguée en manque. Profitant de la situation, Grayson laissa échapper un rire franc, et attrapant la bouteille, ajouta :

« Comme je le dis souvent : l'alcool est l'ennemi de tous et fuir face à son ennemi, c'est lâche... » Quelques minutes plus tard, les deux ennem-amis (ennemis sans vraiment l'être en passe de devenir amis sans vraiment l'être) trinquaient de bon cœur, se lavant chacun à l'estomac sous les yeux éberlués d'un gérant désemparé.

« S'il fait faillite, il accusera la famille Rosbrough - Personne n'accuse un Locksmith. » Confia t-il sur le ton du secret en s'approchant de l'oreille de la jeune femme. Reculant son visage, il hocha furtivement la tête avant de reprendre, se retournant de la même manière qu'elle. Dos au comptoir, il observait le bar d'un œil à la fois absent et méticuleux. Le regard vide d'un homme mi-sobre mi-bourré qui semble tout fixer mais qui en fait, ne cherche qu'à stabiliser la tempête faisant valser tout son esprit. L'alcool oui. Pas à pas, du moins verre après verre, il arrivait à son seuil de tolérance.

« Je coupe, taille, dessine, façonne, sculpte, répare... Tout ça dans le bois. » Il tourna légèrement la tête vers Jill alors qu'il lui expliquait avec sincérité ce qu'il faisait de ses journées. « Je travaille avec la nature si vous préférez. Rien à voir avec ce que vous faites. Je m'occupe du bois mais vous tirez sur les gens. »

« Et vous qu'est ce qui vous pousse dans un saloon aussi mal fréquenté, si tôt le soir ? Quels démons cherchez-vous à fuir Shériff ? » Les interrogatoires à un sens, ça ne lui avait jamais plu. Il n'était pas bon dans le rôle du donneur de réponses.

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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Ven 26 Nov - 0:55

Jill écoutait Grayson. Il était très... très bavard. Sincèrement, elle lui souriait, connaissant parfaitement ce tour de passe-passe qu'employait autrui pour détourner l'attention de son interlocuteur. Jill le savait puisqu'elle le faisait à longueur de temps, préférant multiplier les mensonges plutôt que dévoiler sa vie à n'importe qui. Elle avait beau être fétarde, shérif, fière -bref, tout ce qui fait d'elle une personne à part entière-, la jeune femme ne sentait pas assez importante pour que quelqu'un s'intéresse à elle. Depuis que Katie était partie, elle était vide...

L'épisode de l'alcoolique notoire du bar rendit la jeune Rosbrough hilare et ne put retrouver son calme que lorsque Locksmith remplit enfin son verre vide. Elle avait eu deux jours exénuant, la moitié passée la tête plongée dans la paperasse et l'autre, sur le terrain, espèrant trouver des indices auprès de quelques habitants de la ville sur la légende de Caine... Mais on lui fermait la porte au nez à chaque fois qu'elle prononçait le nom de celui qui avait fait entrer le malheur dans cette petite bourgade tranquille... Néanmoins, quoique son père ait pu lui dire, elle trouvait qu'un peu trop de monde dans la ville était au courant ou avait eu vent de cette soit disant légende. Les commérages devaient aller bon train depuis quelques temps.

Elle but une gorgée de son verre à nouveau remplit et ne sentit pas son compagnon de bar s'approcher sensiblement d'elle.
« S'il fait faillite, il accusera la famille Rosbrough – On accuse pas un Locksmith » Sans même y prêter attention, Jill tressaillit à l'idée de cette proximité. Un sourire mystérieux prit place sur ses lèvres. Ah oui ? Les Rosbrough vraiment ? A vrai, dire, peut-être ne souriait-elle pas uniquement à cause de ce qu'il venait de lui dire. Soudainement, sans même éprouver une réelle attirance pour l'homme assit près d'elle, elle ressentit du désir. Pas celui qui vous dévore en un rien de temps. Le désir d'avoir quelqu'un auprès d'elle, qu'il l'écoute, et qui lui tende les bras lors des coups durs... bon, c'est vrai, un peu de désir sauvage aussi. Bien qu'elle soit partisane des amourettes sans lendemain, elle pensait que cela faisait bien longtemps qu'un homme n'avait pas posé les mains sur elles. Sans y prêter attention, Jill avait arborer le même regard dénué de sens que Locksmith, dévisageant sans trop de bonne volonté les clients du bar.

« Tiens, ça m'aurait étonnée que vous ne me la sortiez pas, celle-là ! » Les yeux levés au ciel, la mine atterrée par la subtile pique concernant le coup de feu, Jill lui jeta un regard noir qui en disait long sur ce qu'elle avait envie de lui faire subir. Si seulement ses yeux lançaient des éclairs, il aurait été foudroyé sur place. Mais elle cessa lorsqu'il lui demanda pourquoi, elle aussi, elle était assise dans ce bar, après avoir bu plusieurs verres, à une heure si avancée de la soirée. Quels démons fuyaient-elles ? A vrai dire, il y en avait trop pour qu'elle puisse réellement les identifier clairement. « Je les chasse plutôt... » Dit-elle, la voix à demie-éteinte, en se retournant finalement vers le bar, tournant le dos au monde, se refermant doucement sur elle-même. « Pour qu'ils ne puissent pas me hanter à leur tour... »

Jill regarda Grayson de biais. Bien qu'un air interrogatif commençait à peupler un à un ses traits, un soupçon de tristesse voilait son regard. « Avez-vous déjà perdu un proche, Grayson ? »
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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Ven 26 Nov - 2:41

Le regard perdu au fin fond du bar, Grayson ne prêtait plus grande attention aux évènements qui se déroulaient autour de lui. Le monde continuait de tourner, les verres de se vider mais lui, il restait vissé sur son tabouret, son fessier étant la seule chose qu'il contrôlait encore à cet instant.

Portant un regard suspect à sa montre, Grayson fut choqué de voir les aiguilles pointées harmonieusement le chiffre douze. Il devait y avoir une erreur. Il n'avait pas passé six heures ici. Il ne pouvait pas. C'était incensé. Il se voyait encore (enfin s'apercevait) pousser la porte du saloon à dix-huit heures pétante, prêt à récolter l'argent qu'il avait, deux jours plus tôt, perdu dans une partie de poker. Habituellement, il n'y restait que trois heures. Quatre grand maximum. Jamais n'était-il ressorti de cet endroit à une date différente que celle de son entrée. Non, non. Il devait y avoir une erreur. Pour vérifier, il leva son bras et le pointa devant les yeux stupéfaits de la jeune femme.
« Vous comprenez quelle heure vous ? » Il resta plusieurs minutes dans cette position avant d'abandonner lorsqu'une violente crampe l'attaqua. Grimaçant, il fit un demi-tour complet sur lui-même et se retrouva une nouvelle fois face au comptoir. Il posa ses coudes contre le bois désormais trempé et attendit que sa collègue en fasse de même. Les heures défilaient mais la conversation ne faisait vraiment que commencer. Il n'y avait plus de vannes, plus de moqueries et de sous-entendus.

Jill venait de lancer un sujet sérieux. Et sincère. Un élément avec lequel Grayson était loin d'être familier. La sincérité, la franchise, il n'avait pas été élevé en leur compagnie. Bien au contraire. Il avait avalé des biberons plein de mensonges dès son premier âge. Alors aujourd'hui, là, à côté d'une Rosbrough, légèrement éméché, il fut pris au dépourvu. Certes, cela n'arrivait pas souvent. Mais, il fallait bien l'avouer, lorsque Grayson Locksmith était pris de court, il avait tendance à se livrer, entièrement. Il savait mentir, il savait manipuler. Il avait toujours trois coups d'avance sur toutes ses proies : femmes, hommes, vieux, jeunes. Ce soir-là également il avait tout préparé. Tout sauf cette discussion. La réalité l'avait rattrapé. De plein fouet. Et ça, il n'y avait jamais goûté.
« Jamais, » Avoua t-il, le visage tourné vers elle. Sa mine s'était considérablement adoucie et son regard auparavant vide, venait de se remplir d'émotions. Des émotions imprévues. Quelque part, au fond de lui-même, il compatissait. Et était triste. Pour elle. Sans savoir pourquoi.

Le nombre de mots échangés par minute avait sacrément diminué en quelques secondes. Les deux oiseaux bavards qui se faisaient face en début de soirée s'étaient transformés en deux poussins, perdus au milieu d'une foule d'alcoolique.


« Vous avez perdu un être cher. » Murmura t-il sans grande intonation. Il ne voulait pas imposer sa phrase, sa pensée. Il avait juste compris, cerné une partie de son personnage. De sa carapace. Grayson ne souhaitait pas lui forcer la main, qu'elle se sente obligée de se confier à lui juste parce qu'ils avaient lancé la conversation. Mais par-dessus tout, il voulait lui éviter la solitude de l'instant. « Mon petit frère est parti de chez nous quand il était plus jeune. Il s'est engagé dans l'armée. » Commença t-il, détournant son regard de Jill. « Du jour au lendemain, il s'est retrouvé à des milliers de kilomètres de moi. Et je pouvais rien faire pour le protéger. Je ne savais même pas ce qu'il vivait. » S'il ne parlait jamais de cette période de sa vie, c'était parce qu'il n'avait pas l'impression qu'elle lui appartenait. La solitude, la peur, la peine; tous les sentiments qu'il avait expérimenté après le départ de son jeune frère, il n'avait jamais pu en parler. Son père avait toujours refusé de l'écouter à ce sujet. Tout ce qui touchait à Sidney était tabou chez les Locksmith. Alors, quelque part au fond de lui, Grayson avait enfoui ses sentiments. Et avait simplement oublié de les ressortir.

Pourquoi le faisait-il maintenant ? Bonne question. Peut-être parce qu'il était presque saoul, ou peut-être parce qu'il se sentait connecté, lié à Jill et son histoire. Comme s'ils avaient de nombreux points communs, plus ou moins visibles.
« Les années les plus longues de ma vie. Je ne sais pas ce que j'aurai fait si ... - Je ne souhaite ça à personne. Ni à mon pire ennemi. » Dardant un regard atristé mais compréhensif vers Jill, le jeune homme lui resservit un verre machinalement.

Plus de concours. Juste un verre pour oublier.


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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Ven 26 Nov - 3:51

Tout d'abord, Jillian ne comprit pas ce que Grayson attendait, là, juché sur son tabouret, le bras levé comme une statue, tout ça pour lui demander l'heure. Ne savait-il pas la lire ou bien était-il déjà en train de sombrer dans l'effet euphorisant et agréable de l'alcool mondain ? Jill ne prit même pas la peine de répondre que déjà, il s'effondrait, comme un pantin désarticulé, sur le comptoir. Et encore, il gardait une certaine classe...

Son esprit quelque peu embrumé n'osa pas faire machiner le corps sur lequel il avait emprise, de peur de faire s'effondrer sous son propre poids la jeune blonde ou bien même, de détruire la délicieuse solitude intérieure que Grayson semblait trouver au milieu de ce vaste océan noir de monde, capharnaüm incompréhensible. Jill n'avait rien à lui envier. Elle semblait, elle aussi, être partie dans un monologue intérieur qui l'empêchait de s'ouvrir aux autres.
« Jamais. » La voix de Grayson était sa seule connexion avec la réalité à présent. Pourtant, ce simple mot brisa un peu plus cœur de Jillian. Égoïstement, elle se mettait à espérer qu'elle pourrait enfin rencontrer quelqu'un qui aurait vécu la même chose qu'elle, qui avait perdu pied dans la réalité autant que Jill s'y était perdue. Jill termina son verre, rassemblant ses idées, prête à partir à la moindre joute verbale que lui lancerait Locksmith. Cette famille, autant lui, que Sid ou Lewis, commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs... Pas à l'énerver, non. Mais à l'enfoncer un peu plus loin dans le questionnement latent de sa vie.

« Vous avez perdu un être cher » Remarqua-t-il, sans la moindre ironie. Néanmoins, le sourire de Jill l'était - dans d'autres circonstances, elle lui aurait clairement demandé s'il ne se fichait pas d'elle -, puis, à mesure que Grayson parlait, ce rictus disparaissait ; laissant place à un visage attentif à ce qu'il lui racontait, compréhensif de par la nature de ses sentiments, et attristé. Car, dans cette histoire, elle reconnaissait l'homme dont Grayson se disait être le frère. « Sid est rentré ? » Demanda-t-elle, doucement. En tout cas, pas entre quatre planches, d'après ce que Jill avait comprit. Elle espérait juste sincèrement que Sidney allait bien et qu'il ne lui était rien arrivé de grave, là-bas... C'est étrange. Jamais elle n'aurait fait le rapprochement entre cet homme, esseulé au bar, et l'homme sans merci, ne s'accordant aucun répit, que lui décrivait Sid quelques mois plus tôt.

Comment pouvait-elle vraiment dire que c'était lui qui était partit s'enrôler dans l'armée ? Et bien, les hommes de Mount Plaisant n'avaient pas tous le courage de quitter cette ville et de s'enrôler ainsi, sans prévenir, loin du cocon familial...

Jill regarda le liquide tombé magiquement dans son verre, alors que Grayson remplissait, tant bien que mal, le sien. Posant son coude sur le comptoir, elle observa la boisson, ne lui laissant pas le repos, subissant les moindres mouvements que la jeune femmelui faisait subir. Oscillant dans tous les sens, il tourbillonnait, comme le vent soufflerait sur les vagues et détruirait ces dernière en larme meurtrière. Puis, elle se décida enfin à en boire une gorgée. Celle qui la faisait trop parler lorsqu'elle repensait à Katie. Dans un échange, c'était donnant-donnant. Si lui, le fier homme, avait délaissé ses principes de côté pour une simple confession, pourquoi elle, ne le ferait-elle pas ?


« Ma sœur... » lâcha-t-elle finalement. Jill avait l'impression que ses entrailles se tordaient sous la douleur. « Je... je n'arrive pas à... » Elle se tut, pensant aller trop loin. Mais à qui d'autre pourrait-elle se confier ? Lewis tentait aussi de faire un deuil. Charlie était bien trop vivante et pleine de vie pour s'attacher aux morts. Et Grace... Grace n'avait pas le devoir de subir la tristesse de sa tante. Ce n'était encore qu'une enfant... « Nous ne sommes plus rien lorsque ça vous arrive... » Jill capta les yeux de Grayson qui la fixait aussi. Son regard le suppliait de faire ce qu'il jugeait bon pour lui et son frère... « De toute façon, il n'y a plus rien à perdre. »
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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Ven 26 Nov - 14:03

« Vous connaissez Sid ? » Demanda t-il lentement alors qu'elle restait sous le choc de la nouvelle. Il aurait du s'en douter. Quelque part, tout le monde connaissait tout le monde à Mount-Pleasant. On entendait parler des uns et écoutait les aventures des autres. C'était la beauté de la ville. Lorsqu'on y vivait, on habitait un tout autre univers, une mini-société qui ne s'arrêtait jamais de tourner. Les rumeurs circulaient plus vite que les chevaux, les relations, qu'elles soient amoureuses ou amicales se faisaient et se défaisaient à chaque bougie soufflée. Si les rivalités ancestrales empêchaient, officiellement, de se mélanger aux autres familles, les nouveaux venus osaient de plus en plus transgresser cette règle et souvent, on retrouvait une Foxwood dans le lit d'un Locksmith, une Wyndham marié à un Locksmith, des Bloodworth amis avec des Rosbrough et tutti quanti. Même le plus solitaire des cow-boy, même les plus Locksmith de la ville, à savoir Grayson, Lewis et dans une moindre mesure Sidney, faisaient partie de ces changements. Il n'y avait qu'à voir Grayson ce soir-là : assis au bar en compagnie de l'adjointe Rosbrough. Mais le soucis n'était pas là. Non. C'était plutôt le visage compatissant et désolé qu'il arborait depuis une dizaine de minutes qui viendraient à poser problème. « Il va bien. » Expliqua t-il furtivement après avoir capté le regard surpris et interrogateur de Jill. « il va bien... » Il répéta ces mots une dernière mois, plus bas et plus lentement, comme pour se rassurer lui-même. Il avait encore besoin de les entendre, la peur constante qu'il ne reparte le tenant éveillé une bonne partie de la nuit.

« Je ne savais pas que le shériff connaissait mon ptit frère. » Il avait depuis longtemps arrêté de faire la différence entre shérif et adjointe. Dans son esprit, Jill était l'équivalent du shérif. Et non pas parce qu'il pensait généreusement qu'elle avait les qualités pour, mais seulement parce que c'était elle qui lui rendait la vie impossible depuis leur rencontre et qui l'avait mis derrière les barreaux. Il n'avait rencontré lé réel shérif qu'en de rares occasions. Et pour être franc, il ne lui avait jamais adressé plus de trois mots : "je suis innocent", qu'il accompagnait d'un sourire méchamment ironique avant de repartir dans d'autres directions. « C'est un gars bien n'est-ce pas. Vous n'aurez jamais pensé qu'on était de la même famille hein shérif. » Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres alors qu'il finissait un énième verre, plus par automatisme que par envie.

Mais la conversation dévia lorsque Jill s'autorisa à parler, à se confier. Il était très certainement la dernière personne à qui elle avait envie de parler. Surtout de ce sujet. Mais justement. Ne dit-on pas qu'on parle plus facilement aux étrangers qu'à nos proches. Ils n'étaient peut-être pas de véritables étrangers l'un pour l'autre, mais ils étaient plus 'étrangers' que 'proches'. Du moins, ils l'étaient, jusqu'à ce soir-là.
« Nous ne sommes plus rien lorsque ça vous arrive... » La voix de la jeune femme se brisa, entrainant avec elle une partie du cœur de pierre de Locksmith. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Grayson resta muet pendant quelques minutes. Elle avait perdu une sœur. Sa sœur. C'était plus que quiconque ne pouvait supporter. C'était perdre une partie de soi, être drainé de son sang.

« Je suis désolé ... » Furent les seuls mots qu'il réussit à prononcer. « C'est dans ces moments-là que la vie prend toute sa signification. »Il n'avait jamais perdu de proches, n'était jamais tombé irrémédiablement amoureux, il n'avait jamais grandi. Il ne connaissait le monde que par les paroles de son père et de sa famille. Il ne connaissait qu'un code de conduite : celui que son patriarche lui donnait. son cœur n'avait jamais eu son mot à dire, et sa raison elle, était emprisonnée dans le nom Locksmith. Il n'avait jamais vécu LE moment qui vous fait prendre conscience de la réalité de l'univers. Jamais. Et quelque part, au fond de lui-même, il avait besoin de l'expérimenter. Pour grandir, changer, évoluer. Pour vivre sans tutelle. Son indépendance financière ne suffisait plus. Il se le cachait encore mais, à force de faire des rencontres aussi marquantes que celle avec Jill, il venait à prendre inconsciemment conscience que quelque chose manquait. Dans sa vie.

Cette pensée le fit tressaillir. Il venait de penser que son père avait tort, qu'il y avait peut-être autre chose, là dehors, que l'argent et le pouvoir. C'était une première. Ce devait être l'alcool prenant le dessus. Et ce n'était pas bon signe.
« Vous ne devez pas arrêter de vivre pour autant. Y a plein de poissons dans la mer bleue. Enfin dans la source presque vide de Mount-Pleasant. Des gentils poissons prêts à vous aider. » Un hochement de tête plus tard, il se resservait ce qui serait son dernier verre. Le vrai dernier. « Ne vous inquiétez pas shérif, les Locksmith ne vous embêteront pas. » Malgré l'énorme taux d'alcool qui coulait dans son sang, Grayson était encore lucide pour capter la bourde qu'il venait de faire. Et se rattraper. « Ce soir. Je ne vous embêterai pas ce soir. »

« C'est une trêve d'alcoolique. »



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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Sam 27 Nov - 0:43

Oui, Mount Plaisant était une petite ville. Bien avant de se faire engager dans le commissariat de la ville, Rosbrough connaissait une bonne partie des habitants de Mount Plaisant. Les Locksmiths étant le principal soucis de sa famille, la jeune femme avait surtout prit garde à bien observer ses membres. Jill en connaissait certains. Mais Grayson, qui était l'un des aînés, elle ne l'avait jamais rencontré avant, n'avait pas su mettre un nom sur son visage... Maintenant, elle comprenait pourquoi. Il était comme un fantôme arpentant les moindres rues de la ville, à la recherche d'un salut dont Jill ne connaissait pas la nature. Elle n'arrivait pas à le cerner clairement. Il était là, assit avec d'elle, partageant mutuellement la nature de leur sentiments les plus secrets alors que, quelques semaines plus tôt, ils ne cessaient de jouer au chat et à la souris.

« Il va bien. » Dit-elle d'une voix ferme et rassurante.

Le murmure qu'il avait employé indiquait une certaine crainte mais ainsi, elle tentait de le rassurer sur la bonne santé de son frère. Elle pensait le revoir, Sidney, il le fallait absolument. Il avait été le seul à pousser sa porte et à la faire admettre que la mort de sa jumelle l'avait bien plus anéantie qu'elle ne le laissait transparaître. Lewis et Charlie n'avaient été mit au courant que quelques temps plus tard, lorsque Jill reconnut qu'elle avait effectivement un problème avec ce deuil. Certes, ce genre d'évènement n'était pas facile à assumer. Mais lorsqu'on en arrive à un point à ne plus vouloir parler, c'est qu'il y avait un problème. Grace était devenue alors sa seule compère, son seul lien avec le monde. Le travail ? Elle y allait. Mais elle n'allait plus au commissariat. Elle s'acharnait encore et encore à vouloir découvrir le moindre petit indice sur le lieu morbide et froid où sa sœur et son beau-frère avaient trouvés la mort. Une paire de mois s'étaient écoulée depuis que Jill sortait progressivement de son mutisme. Elle avait d'ailleurs retrouver pleinement ses facultés lorsqu'elle rencontra Grayson. Il l'avait juste fait sortir de ses gonds. Il n'avait jamais usé de la pitié en s'adressant à elle, ne lui avait jamais présenter ses condoléances. Peut-être était-ce ça dont elle avait besoin pour atténuer sa peine...


« Des poissons ? Hum... » Bien qu'elle le regardait en coin, elle s'apaisa. Oui. Elle continuait à vivre. Pour Grace. Et pour elle. Doucement mais sûrement. Elle but une nouvelle gorgée de son verre et grimaça franchement. La vodka commençait à lui arracher la gorge et son amertume plombait le moral de Jill. Elle n'était plus de bonne compagnie. Que pouvait-elle faire d'autre ? Grayson n'était pas son psy'. Il n'était pas... son ami ? En le voyant déposé solennellement son verre vide sur le comptoir, elle comprit. Non, il n'était pas son ami. Mais il n'était pas un étranger non plus. Il était... à part entière.

« Bien que je ne comprenne pas tout... Merci... » Un sourire accompagna sa parole terne et, sans un mot, elle se tourna vers les bouteilles qui lui faisaient face, sur les différentes étagères du bar. Jill commençait à ne plus savoir où se mettre : des larmes voulaient se frayer un passage mais Jill les en empêchait tant bien que mal. Ses yeux brillaient mais entre pleurs et état d'ébriété, il n'y avait aucune différence. La barrière sentimentale qu'elle avait érigée s'effritait doucement et elle avait peur de ce qu'il lui arriverait une fois qu'elle serait détruite, pour de bon.
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MessageSujet: Re: raise your glass__ R.   Dim 28 Nov - 16:14

Lorsque les mots commençaient à s'emmêler dans la bouche de Grayson, il était l'heure. L'heure qu'il arrête toute consommation d'alcool et avec, toute conversation. Il devait simplement rentrer chez lui et embrasser rapidement Morphée. Les effets de l'alcool sur sa personne avaient tendance à être ravageant. Il venait à parler avec plus de sincérité qu'il ne le devrait et expérimentait un taux de franchise qui ferait fuir tout le monde, Chuck Norris y compris. C'était pour cette raison qu'il préférait boire chez lui que dans un tel saloon. Si la solitude n'était pas forcément la meilleure des compagnie autour d'un verre, elle ne se vexait pas et ne répétait pas tous faits 'secrets' sur lesquels il blablatait. Finalement, c'était une bonne compagnie pour un Locksmith. Attristant tout de même.

« C'est une métaphore Shérif. Les poissons sont des êtres humains. Nous sommes des êtres humains. Vous avez des amis. Des vrais amis. Et bien des vrais poissons. Vous comprenez ? » Toute personne normalement constituée ou dans ce cas, sobre, aurait tiré une tête stupéfaite, le regard rempli d'incompréhension. Mais Jill Rosbrough n'avait rien d'une personne sobre (ni d'une personne normalement constituée), elle roulait sur la même longueur d'onde que lui. Aussi déstabilisant que c'était, elle semblait être la complémentaire de Grayson. Ce soir-là en tout cas. Lorsqu'il s'était montré vulnérable à propos de son frère, lorsqu'il avait commencé à émettre des doutes, elle s'était montrée ferme pour le rassurer sur ses propos. Et ensuite, les rôles s'étaient inversés. Ils s'étaient aidés sans même s'en être rendu compte.

« De rien. » Finit-il par dire, un sourire en coin de lèvres. Le rregard attendri, il posa sa main sur celle de Jill non sans ressentir à travers tout son corps un frisson extrêmement déstabilisant. Un ressenti partagé par la jeune femme à voir le mini sursaut que ce simple geste provoqua en elle. Perturbé, Grayson retira vivement sa main et recula de quelques centimètres. Plongeant dans un excès de lucidité (sûrement provoqué par cette décharge électrique), il jeta un coup d'œil aux cadavres de verres étalés devant Jill et lui puis posa son regard sur les flaques d'alcool renversé qui jonchaient le sol et le comptoir. Deux raisons de plus, largement suffisantes pour lui prouver qu'il était tard et qu'il s'était avancé sur un terrain trop glissant (au sens propre comme figuré). « Je vais devpor y aller. Je sens que Big Joe là-bas va finir par me dégager du saloon si je continue. » Lançant un coup d'oeil au gérant pour appuyer ses propos, Grayson se redressa et descendit de son tabouret. Légèrement sonné, il tourna rapidement la tête dans tous les sens, hésitant entre partir directement ou saluer Jill amicalement.

Deux étrangers ne se seraient pas salués. Deux amis se seraient fait la bise et auraient discuté une dernière fois avant de se quitter. Mais eux, ils n'étaient rien de tout cela. Ce n'était plus des étrangers, et pas encore des amis. Peut-être le deviendraient-ils un jour. Ou peut-être pas. Grayson ne pouvait pas se permettre de devenir, entièrement, son ami. Il ne devait le devenir qu'en apparence.
« Ou je risquerai de finir en cellule de dégrisement. Ou en prison carrément. » Un dernier sourire vint ponctuer sa phrase suivi d'un hochement de tête qui avait tout d'un au revoir. Il se retourna ensuite, soufflant de soulagement à mesure qu'il avançait vers la porte.

Comme la soirée venait de lui prouver, les semaines à venir allaient être difficiles. Les apparences étaient vite tombées ce soir-là. Et ça ne risquait pas de s'arrêter là. Au contraire.


[ TERMINE ]

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